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<rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><atom:link rel="hub" href="http://tumblr.superfeedr.com/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"/><description>Blog de Flore Vasseur, auteur de “Comment j’ai liquidé le siècle”. 

Dessin de Jul pour la Grande Librairie</description><title>Flore Vasseur Blog</title><generator>Tumblr (3.0; @florevasseur)</generator><link>http://blog.florevasseur.com/</link><item><title>OWS : pulsion de vie contre système mortifère</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Marianne et le Magazine littéraire se sont associés pour lancer un hors série sur la Liberté « De Platon aux indignés, on a toujours une bonne raison de se révolter”. J’ai contribué à ce numéro. Voici mon texte :&lt;br/&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;Le 17 septembre 2011, une poignée de citoyens se sont retrouvés sous le Charging Bull de Wall Street, un taureau de bronze trois tonnes, posé en pleine rue, à deux blocs de Wall Street. Ils avaient répondu à l’opération « Occupy Wall Street », l’appel à la désobéissance civile lancée par le Magazine Adbusters et le collectif de Hackers Anonymous. C’était un samedi, maussade d’ailleurs. &lt;strong&gt;Dénoncer un système d’aliénation imposé par un capitalisme fou géré par une élite dépassée : est-ce possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 100, ils étaient près de mille à la fin de la journée, la rumeur se répandant dans Manhattan qu’il se passait quelque chose. Ce n’était qu’une goutte d’eau dans un océan d’indifférence. En quelques semaines, quelques deux mille villes ont vu bourgeonner ces « cités de tentes » et ces mers de cartons de fortune. &lt;strong&gt;La parole peut-elle triompher du chiffre qui écrase tout ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fox, CNN, le New York Times ont fini par s’y intéresser. Ils ont braqué caméras et stylos sur des jeunes en dreadlocks (si possible accompagnés de chien), des hippies à colliers de fleurs, des excités du grand soir. Les « bons clients » d’une presse à la solde du dogme.&lt;/strong&gt; Ils ont évité la flopée d’étudiants, d’avocats, de professeurs, de retraités. Moqueurs, ils ont déroulé l’argument : voyez, ce mouvement est désorganisé, sans leader, sans revendication donc sans avenir. Ils ont refait le coup : quand on ne comprend pas quelque chose, dire qu’il n’y a rien à comprendre. C’est commode, surtout si on a tout à perdre. L’indignation est devenue un concept marketing. Faut-il pour autant mépriser tous ceux qui doutent ? En parlant des événements sanglants cet été en Syrie, Thérèse Delpech (ndlr : décédée la semaine dernière) a écrit : « les dictatures tomberont le jour où les populations choisiront leur dignité plutôt que leur vie ». Toutes les dictatures. La neige arrive à New York. Le campement de Zuccotti Park maintes fois démantelé dénonce la collusion et résiste au cynisme. Mais passera-t-il l’hiver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement est sans leader, sans parti. Il accueille tout et tout le monde. &lt;strong&gt;C’est la première marque de résistance contre un système dans lequel on existe que si l’on entre dans une case&lt;/strong&gt;. Il se veut aussi insaisissable pour ne jamais être cassé. Il a une exigence (la non violence), un mot d’ordre (la transparence), ses outils (les réseaux sociaux, l’occupation physique). &lt;strong&gt;Il est puissant car il offre un cadre devenu caisse de résonnance pour toutes les contestations. Wall Street, la collusion de la finance, des marques, des media et du politique n’a pas un effet catégoriel mais systémique. Et c’est l’emprise de ce système-là qui est précisément dénoncée.&lt;/strong&gt; Le point commun de toutes ces revendications : être portées par tous ceux qui en sont « victimes », les 99% dominés par les 1%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Occupy Wall Street, c’est le pire cauchemar des plutocrates. Ils ont divisé le mécontentement en autant de revendications catégorielles. A force, elles se sont toutes annulées. Occupy Wall Street c’est la fin d’un paradigme : les 99% cessent de se vivre en ennemi. &lt;/strong&gt; Nous sommes tous des 99% tétanisés par l’angoisse de perdre un peu plus. L’argent rend fou, la crise aussi. Chacun va s’accrocher à sa parcelle de terre, de travail, d’air vital. Ceux qui dorment à Zuccotti Park n’ont plus peur du déclassement ni de perdre. &lt;strong&gt;Eduqués, hyper connectés, ils veulent la vérité. On les marginalise. Le système a ses raisons : ils représentent l’anti société de loisir, vomissent la société du spectacle à force de l’avoir trop consommé. Ils sont dangereux. Le système en fera des terroristes. Ils sont pourtant les enfants du dernier rêve de l’Amérique : Barack Obama. &lt;/strong&gt;En contribuant à son élection (sur Internet, dans les écoles, sur les parkings de supermarchés), ils ont vécu leur baptême de citoyen, un baptême du feu : écoeurés par un « Yes we can » de pacotille, ils ont appris vite : dans ce pays / ce système où tout s’achète, ils n’auront jamais les moyens de se payer leur candidat. Reste la rue, la solidarité et les réseaux… Reste la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occupy Wall Street est peut-être manipulé, instrumentalisé, immature. Mais c’est une formidable force de vie portée par une jeunesse que l’on méprise. &lt;strong&gt;Une formidable pulsion de vie contre la pulsion de mort démentielle dans laquelle nous sommes tous engagés. C’est probablement ce qui dérange le plus. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/16343942653</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/16343942653</guid><pubDate>Mon, 23 Jan 2012 05:37:45 -0500</pubDate><category>OWS</category><category>Indignés</category><category>99%</category><category>finance</category><category>media</category><category>politique</category><category>collusion</category></item><item><title>TEDGlobal : lumière dans la nuit 2011 ?</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici mon reportage sur la conférence TEDGlobal de juillet dernier à Edimbourg*&lt;br/&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Krach boursier à l’automne, désintégration de l’Europe à l’automne, mort de l’Euro en janvier ? &lt;strong&gt;Au cœur de ce second semestre de tous les dangers, dans l’océan noir des mauvaises nouvelles, il y avait une pépite.&lt;/strong&gt; Pour la trouver, il fallait chercher des châteaux du VIIème siècle, des volcans endormis, vêtir le kilt et tenter de se faire comprendre par une population à l’accent impossible. Il fallait viser Edinbourg en Ecosse et la conférence TEDGlobal, le dernier endroit où s’enthousiasmer sur l’avenir du monde est encore possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lwakhgS0MM1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cinq jours, soixante-dix intervenants (chercheurs, biologistes, entrepreneurs, artistes), se sont succédés pour dix-huit minutes de présentation chacune calibrée pour toucher au cœur et au cerveau un public de mordus d’innovation. Ils étaient huit cent cinquante, fraichement débarqués des cinq continents, à avoir déboursé quatre mille euros pour une bien trop courte semaine de safari mental et émotionnel hors norme. Ils parcourent le monde à la recherche d’un marché. A Edinbourg, bardés de tous leurs succès (ils sont patrons, créateurs, politique) ils ont cru participer à une chasse aux idées. Mais &lt;strong&gt;cette année, il y avait à cette conférence pour humanité exaltée un souffle qu’on ne lui connaissait pas encore&lt;/strong&gt;. Contexte aidant, elle s’est transformée en questionnement sur la finalité de la technique, de l’action, voire de l’existence. Thème de l’année « The Stuff of life », les choses de la vie, sa beauté, sa fragilité, sa cruauté, ses possibilités. On a connu investissement moins productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les cyniques et les jaloux, TED est une clique d’initiés tous membres de l’international des winners devant l’éternel.&lt;/strong&gt; Lancée en 1984 en Californie, TED a d’ailleurs longtemps été le secret le mieux gardé de la Silicon Valley. Entrepreneurs du Net, producteurs de Hollywood et agités du design se retrouvaient chaque année à Monterey, station balnéaire croquignolette de la US1, pour partager leurs idées. Le fondateur de TED, le bouillonnant Richard Saul Wurman, était convaincu que ces trois industries - la technologie, le divertissement et le design – allaient converger. Feu Steve Jobs a inauguré les plâtres. Une révolution, celle des technologies grand public avait trouvé son théâtre. Elle pouvait démarrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lwakjbShya1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant près de 20 ans, TED est resté un club ultra fermé de fous de techno. Sur scène, les geeks avaient enfin la parole devant un parterre médusé qui réunissait le gratin de Palo Alto.&lt;/strong&gt; Les fondateurs de Yahoo, de Google, d’Amazon, les patrons de Microsoft étaient  - et sont toujours pour la plupart - des habitués. Ils venaient chercher la perle rare, le projet de demain, leurs meilleures idées, un supplément d’âme. Bien que parlant de tout, de la malaria aux trous noirs en passant par la peinture du XVIIème, TED restait très consanguin. Les idées se recyclaient en circuit fermé. Chris Anderson, un entrepreneur des media (il a fondé Future Publishing qui éditait notamment l’excellent magazine de technologie Business2.0), découvre TED en 1997. C’est le début d’une incroyable aventure. En 2002, il cède son groupe de presse puis convainc le fondateur de TED de lui vendre l’organisation non lucrative. L’équipe s’étoffe. Bruno Giussani, journaliste italo-suisse polyglotte et insatiable, devient patron pour l’Europe. Il voulait embrasser le monde, il va le faire pour TED qui sort de son écrin, s’ouvre et révolutionne l’accès et la diffusion des idées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En dix ans, TED troque son existence ronronnante de mono conférence annuelle, très « Amérique dents blanches », contre celui de plateforme multilingue d’identification et de diffusion des meilleures idées. &lt;/strong&gt;Aujourd’hui TED c’est deux rendez-vous annuels, des milliers de conférences organisées sous licence libre et spontanément par des fans de TED (les conference TedX, dont le très remarqué TEDx Paris, mais aussi TEDx Ramallah, TEDx Beijing, TEDx Dubai etc…). C’est aussi des milliers d’interventions en accès gratuit sur le site ted.com et traduites en 82 langues par 6000 volontaires, 500 millions de visiteurs et un Prix annuel complètement barré : en guise de récompense, le gagnant doit faire un « vœu pour l’humanité », vœu qu’il a un an pour mettre en place, avec les membres de la « communauté » TED. Bill Clinton, l’épidémiologiste bien nommé Larry Brillant, l’architecte humanitaire Cameron Sinclair, le chef cuisinier Jamie Oliver, l’océanographe Sylvia Earle s’y sont collés.&lt;strong&gt; Cette année, l’artiste français JR, qui rhabille les villes du monde avec des photos monstres collées à même les murs,  planche (voir interview plus bas) à son tour. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lwam9g5rgq1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;br/&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu’il s’agisse de neuroscience, de faim dans le monde, de climat ou d’extrémisme, les « TedSpeakers » ont raconté leur découverte comme autant de combats. Monter sur scène devant l’une des auditoires les plus exigeants au monde est l’expérience d’une vie. La sanction : des applaudissements polis. La consécration : une standing ovation, prélude à un carton plein sur le site ted.com qui publie l’intégralité des interventions, gratuitement et dans la plupart des langues. Cela s’appelle un « Ted Moment ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette année, TEDGlobal en a connu beaucoup. La conférence a eu ses rocks stars, comme le pianiste Balezs Havasi, la chanteuse Imogen Heap, l’historien Niall Ferguson, le philosophe Alain de Botton, l’inclassable Malcom Gladwell. Elle a eu ses allumés, comme Yves Rossy, alias Jet Man : l’homme vole comme un oiseau, à 300 km/h avec sa tête comme gouvernail. L’artiste Jae Phin Lee a débarquée sur scène telle un Schtroumph noir. Elle avait vêtu son costume mortuaire à base de mycélium, pièce maitresse de son œuvre, « infinite burial » : Jae Phin Lee cultive des champignons qui grignoteront et ainsi recycleront son corps le jour où la vie l’aura quitté. A son habitude, la conférence a rempli son rôle de défricheur d’innovations de rupture : Justin Hill Tipping, veut nous délivrer de la troïka infernale pétrole-nucléaire-charbon avec la nano énergie. A force de souiller ses mains dans la gestion des déchets, Michael Biddle recycle l’impossible : la plastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lwama3VZ2g1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus étonnamment, TED, ce chantre de la technologie a surtout multiplié les occasions de mise en garde sur le pouvoir de… la technologie.&lt;/strong&gt; De l’emprise des algorithmes sur le réel à la capacité de nuisance des hackers, nous rend-t-elle réellement plus libres, plus forts ou même pérennes ? Notre fascination n’est-elle par le signe d’un un énorme évitement ? Internet, sa puissance et sa vulnérabilité sont revenues comme un fil rouge. D’après Bruno Giussani, le patron de TED Europe qui orchestre TEDGlobal : « nous sommes entrain de vivre une expérimentation sociale inédite : qu’est-ce que cela veut dire d’appartenir à un monde dans lequel vous avez des tonnes d’information gratuitement et la possibilité de vous connecter à n’importe qui à n’importe quel moment? Comment s’assurer que cela évolue dans le sens des internautes et non des gouvernements ou des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Loin de sa réputation d’ayatollah du progrès technique, TEDGlobal a mis en avant notre impuissance, nos accomodements. L’idée de fragilité, d’erreur, était partout&lt;/strong&gt; : les interventions les plus fortes sont venues d’individus ayant osé plonger dans les entrailles de l’âme humaine, la barbarie, la peur de l’autre ou de la mort. Jeremy Gilley a convaincu l’ONU, les gouvernements et les chefs de guerre de ne plus toucher les armes, un jour par an. C’est Peace One Day (le 21 septembre). Son trophée ? Une lettre signée d’un chef Taliban. Nadia Al-Sakkaf, trentenaire en acier trempé, est devenue rédactrice en chef du Yemen Times à la mort de son prédécesseur. C’était son père. Elle joue sa vie pour que chaque jour, on sache un peu, même un tout petit peu ce qui se passe au Yemen. L’indien Sanjit Bunker Roy a tout plaqué, famille, éducation, richesse, carrière de diplomate, pour vivre avec les plus démunis. Il a crée le Barefoot College dans lequel on accepte tout le monde sauf les diplômés. Ses étudiants à haut potentiel ? Les grand-mères. Barefoot College forme des architectes, des ingénieurs spécialistes en panneaux solaires et même des dentistes dans 37 pays. Talents et développement poussent de manière organique, à la barbe de la Banque Mondiale, de ses consultants et de ses dollars inutiles. Deux médecins, Abraham Verghese et Pauline Chen, sont venus raconter combien la quête d’efficacité avait tué la médecine et le rapport au patient que l’on n’interroge, ni ne touche plus. A l’université, ils ont été formés pour accompagner des mourants. Dans la vraie vie, ils ont reconnu avoir longtemps fui leur dernier souffle. Il y avait des papiers à remplir, un autre patient à soulager, la mort surtout à fuir. Malheureux, ils ont appris à ne plus à rester jusqu’au bout, la main sur le bras du patient, avec la famille. Qu’est-ce que le courage ? Etre dans la vie ? Un interlude musical devait permettre à l’assistance de se remettre. Asaf Avidan a débarqué, guitare en bandouillère. Sa « reckoning song », sur le temps qui passe et dont on ne fait rien, a achevé tout le monde. C’était mon TED Moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Technologie en furie, philosophe survolté ou artiste recueilli… ce qui ce passe sur scène n’est qu’une petite partie de ce qu’apporte et permet TED.&lt;/strong&gt; Ici, à peu près tout le monde a quelque chose à dire, surtout depuis que l’organisation a cassé le moule du participant forcément masculin, occidental, cadre dynamique dans une start-up pleine d’avenir. Le programme TED Fellows détecte les talents où ils se trouvent (des réalisateurs, entrepreneurs, éducateurs, en Afrique, au Moyen Orient, en Amérique du Sud). Elle leur offre tout ce qu’est TED - sa conférence, son réseau, sa plateforme, son audience - sur un plateau. A TEDGlobal, ce sont eux les vraies stars. Ils représentent la relève. Et leur présence change tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette année, il fallait mieux arriver à TEDGlobal en forme. Sinon, tant de noirceur,  d’enthousiasme et de bonne volonté assommaient.&lt;/strong&gt; Le spectacle, la discussion, était sur scène, dans les couloirs, dans les fêtes, de la file d’attente des taxis à l’aéroport à l’arrière du bus qui ramenait à l’hôtel, tard dans la nuit. TED c’est une sorte d’énorme speed dating des idées, interrompue par quelques heures de sommeil finalement assez frustrantes. On se fait peur, on rit et pleure. Même la ville, plus habituée au public paisible des festivaliers, semblait prise d’assaut. Dans les conversations, avec un patron de hedge fund australien, un magnat de la pop anglaise, une éducatrice jordanienne, une phrase revenait sans cesse  « j’adore venir ici car je trouve enfin des personnes qui pensent comme moi ». Cela sonnait comme un aveu, un soulagement. A TEDGlobal, il y a beaucoup de talent, peu de certitudes, des passions et une volonté de faire à réveiller les volcans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s’ouvrir aux idées des autres ne laisse jamais indemne. TEDGlobal n’est pas une conférence sur la technologie ni même sur les idées. C’est une semaine sur l’engagement vis-à-vis de soi-même. Le monde brûle. Oubliez l’or, les terres arables, le Franc Suisse. La valeur refuge, c’est l’humain. L’innovation de rupture : sa résilience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver les interventions en ligne : ted.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meilleures phrases de TEDGlobal :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Richard Wilkinson&lt;/strong&gt;, sur les effets induits par les sociétés inégalitaires : « si vous voulez vivre le rêve américain, allez au Danemark » &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Kevin Slavin&lt;/strong&gt;, sur l’emprise de la finance : « Wall Street écrit des algorithmes dont les effets sont si rapides que l’on n’arrive même plus à les lire ». &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Rory Stewart&lt;/strong&gt;, militaire, diplomate, humanitaire, auteur (« En Afghanistan », Albin Michel) et finalement parlementaire anglais d’une petite quarantaine d’année, sur l’intervention militaire en Afghanistan (qu’il a vécu de l’intérieur) : « dans le langage militaire, dire « échouer n’est pas une option » veut dire « échouer est inévitable » » &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Nadia Al-Sakkaf&lt;/strong&gt;, rédactrice en chef du Yemen Times, sur le fait d’avoir grandi entre deux cultures : « Mon père m’a dit un jour ‘tu es un pont’. Et je dois bien admettre que, avec mon travail, pas mal de personnes m’ont marché dessus ». &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Tim Harford&lt;/strong&gt;, sur notre incapacité à anticiper ce qui vient : « il faut se débarrasser du complexe de Dieu, cette conviction d’avoir la solution à la complexité du monde. Ce qui compte, c’est l’adaptabilité, le processus tentative-echec. Aujourd’hui, il faut voter pour les personnes qui osent dire qu’elles n’ont pas la solution » &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique à TEDGlobal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soixante-dix interventions sont entrecoupées d’interludes musicaux. On croit faire une pause, on explore encore et encore avec notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-	&lt;strong&gt;Asaf Avidan and the Mojos&lt;/strong&gt; : &lt;a href="http://www.deezer.com/fr/#/search/asaf%20avidan%20" title="Reckoning "&gt;Reckoning &lt;/a&gt;à écouter sur Deezer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-	&lt;strong&gt;Somi&lt;/strong&gt; : « If the rain comes first »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-	Tout &lt;strong&gt;Imogen Heap&lt;/strong&gt;, artiste membre du circuit très fermé de ceux qui conseille TED sur les idées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les livres à TedGlobal La librairie de la conférence est achalandée par des livres recommandés par une poignée de participants. Entre les livres pakistanais sur le 11 septembre et le dernier best seller sur l’économie verte, il fallait lire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-	tout &lt;strong&gt;Nial Fergusson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;-	&lt;strong&gt;Daemon&lt;/strong&gt;, de Daniel Suarez, le cyber-thriller paru en 2009 et qui depuis fait faire des cauchemars à toute la Silicon Valley. Il est publié en France au &lt;a href="http://www.fleuvenoir.fr/site/daemon_&amp;100&amp;9782265088498.html" title="Fleuve Noir"&gt;Fleuve Noir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;****&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interview de l’artiste JR, qui a remporté le TEDPRize 2011&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lwamekZt8l1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Avant de recevoir le prix, connaissiez-vous TED ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je les ai eus au téléphone la première fois, je n’ai rien compris. Je ne savais pas du tout qui ils étaient, ce qu’était TED. Du coup, je leur ai posé plein de questions, sur leur financement, leur rapport à leurs sponsors. En fait je les ai interviewés pendant 40 minutes alors qu’en fait, initialement, c’était eux qui me faisaient passer un entretien, avant de me décerner le TedPrize. Le vainqueur reçoit 100 000 dollars et la possibilité de faire un « vœux pour le monde ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pour vous, comment cela s’est-il passé ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis pris la tête sur cette histoire de vœux. Pendant des semaines, je me suis dit que je n’aurais pas du accepter. Je ne veux pas avoir une étiquette d’humanitaire, ce n’est pas moi. Moi je fais de l’art. Donc je réfléchis à cette histoire de vœux, de projet à faire avec TED et toutes les personnes qui gravitent autour, et je sais que l’idée c’est qu’il se propage le plus possible. Et puis là, le 1er janvier, j’ai l’idée : je vais être imprimeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Votre TED Wish c’est le projet « Inside out »&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’idée c’est de définir un cadre et de laisser les gens s’approprier totalement l’idée. Ils réalisent le portrait de qui ils veulent, mais comme j’essaie de les réaliser moi (noir et blanc, plan resserré). Ils y associent une phrase. Ils m’envoient le tout par Internet. S’ils peuvent, ils donnent 20 euros. S’ils ne peuvent pas, cela ne change rien : on imprime leur portrait en grand format, sous forme d’affiche prête à coller, qu’on renvoie à leur adresse, avec un kit de colle. Les gens vont coller eux-mêmes, quand et où ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Du coup, vous intervenez peu…&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, on donne juste le cadre et les règles. En une semaine, on a reçu 10 000 photos ! La communication du projet se fait uniquement par le fait qu’il existe. Je n’ai plus rien à voir avec le projet. Je vais dans des rues et je tombe sur des photos comme les miennes mais pas signées par moi.  C’est peu commun pour un artiste… C’est un projet tellement loin que je me suis dit que ce qui était important c’était le chemin pour le réaliser. J’essaie de prouver à chaque étape que ce qui compte c’est de mettre en lumière l’autre, de tagguer le nom des autres. Et puis, c’est un projet qui finit par m’inspirer. Pour aider les gens, il faut leur donner les moyens de faire. L’œuvre, c’est participer, cela ne me concerne plus. En Tunisie, où le projet a été le premier à décoller (ndlr : des tunisiens ont notamment remplacé les portraits de Ben Ali par des photos du projet Inside Out), j’ai pris une grosse claque : d’abord, je me suis bien rendu compte qu’en étant sur place, avec les gens, je mettais quelque chose de superficiel. Ensuite, des tunisiens sont venus très vite arracher les affiches Inside Out. J’ai compris que c’était cela la démocratie : se ré-approprier ses espaces. Il n’y a rien de plus fort que des gens qui défendent leur propre espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quelle a été la réaction de la communauté TED ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j’ai reçu le prix cet hiver en Californie, j’ai été contacté par un tas de fondations qui ont proposé de m’aider. Mais quand je leur ai expliqué qu’elles ne pouvaient mettre leur logo nulle part, quand j’ai refusé les dotations, quand j’ai dit que je ne faisais pas de la philanthropie et que je préférais vendre mes œuvres, il n’y avait plus grand monde. Aider, c’est devenu une marque. Ce sont les plus discrets qui aident vraiment. Aujourd’hui, on nous prête un immeuble dans Manhattan dans Lower East Side où on a installé notre imprimerie. On nous prête des bâtiments pour coller et c’est bien le plus important.  Le développement du projet Inside Out est filmé en « temps réel ». Il donne lieu à une web série, dont le 1er épisode (qui concerne surtout la Tunisie) est en ligne sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inside Out, la série : &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=_BQIpdJg5Bs"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=_BQIpdJg5Bs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JR est exposé à la Galerie Perrotin du 17 novembre 2011 au 7 janvier 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;@Flore Vasseur décembre 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* : &lt;em&gt;Un magazine culturel me l’avait commandé puis l’a enterré. &lt;br/&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/14450476129</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/14450476129</guid><pubDate>Mon, 19 Dec 2011 04:36:00 -0500</pubDate><category>Bruno Giussani</category><category>Chris Anderson</category><category>Conference TED</category><category>JR</category><category>TEDGlobal</category><category>TEDx</category><category>Ted Prize</category><category>Jae Phin Lee</category><category>Justin Hill Tipping</category><category>Michael Biddle</category><category>Nadia Al-Sakkaf</category><category>Jeremy Gilley</category><category>Barefoot College</category><category>Abraham Verghese</category><category>Pauline Chen</category><category>Asaf Avidan</category><category>Tim Harford</category><category>Rory Stewart</category><category>Kevin Slavin</category><category>Richard Wilkinson</category><category>Somi</category><category>Imogen Heap</category><category>Nial Fergusson</category><category>Daniel Suarez</category><category>Inside Out</category></item><item><title>Si j'étais ministre des finances, voici votre programme mis à jour</title><description>&lt;p&gt;Voici donc la mise à jour définitive de toutes vos contributions à mon projet d’apprentie Ministre des Finances. Je viens de rendre ma copie à la revue qui m’avait proposé l’exercice. Sortie le 7 mars, hélas….&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis beaucoup inspirée de vos propositions, même si j’ai été moins précise et plus littéraire. J’en suis de plus en plus convaincue : seule la fiction peut nous permettre de sortir de la pensée unique et de nous affranchir des dogmes. Sans fiction, je ne serais jamais MOF. Sans fiction, vous n’auriez pas proposé toutes ces idées. Reste à savoir ce que, au delà de l’exercice, on en fait. Merci en tous les cas, vous m’avez beaucoup aidée.&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A : REGULATION DES MARCHES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt; Re séparer les banques d’affaires et les banques de dépôt &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mettre à jour l’escroquerie des agences de notation, en les  obligeant à s’expliquer sur leur procédés de calculs, et ce, y compris  sur la période qui a précédé 2008. Faire une bonne publicité au rapport. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réglementation de l’entrée en bourse des sociétés  Interdiction des ventes à découvert… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Limitation du nombre d’ordres pouvant être émis par les machines… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression de l’anonymat des transactions financières… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Limiter la spéculation abusive, dans le sens short term.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réguler le trading automatique (dans le sens ou les ordres sont  passées massivement depuis des megaordinateurs dans les grandes banques  d’investissement suivant les effets d’annonce), ca pour aller plus en  avant que la nécessaire taxe Tobin. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; B : MODIFICATION DU SYSTEME BANCAIRE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;création d’un compte bancaire “référent” pour chaque individu  qui regroupe tous les mouvements effectués sur tous ses comptes, tous  ses revenus &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nationalisation de certaines banques, &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C: MONNAIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Récupération de la possibilité d’emprunter (de manière encadrée) à la banque centrale.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;promotion des monnaies locales &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sortie de l’euro, retour au francs, ré-attribution de ses  prérogatives à la Banque de France d’émettre sa monnaie, puis  dévaluation pour relancer notre vieille économie à bout de souffle. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Négociation pour le changement de statut de la BCE me semble une des priorités.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Accord international pour un retour à l’étalon-or &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Abroger la loi Pompidou de 1973. Le reste suivra tout seul. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Equilibrer la dépendance au dollar, et pour cela, la France,  l’Europe pour devenir un fer de lance international d’une monnaie  indexée sur les monnaies principales (Real, Yuan, Euro, Dollar, Ruppies  etc, voir les articles édités en 2008-2009 sur tout ces sujets) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; on diversifie la création monétaire et on la fleche vers des vraies  besoins en ouvrant des monnaies nationales/régionales complémentaires  avec @Philippe Derruder, Frédéric Bosqué et Jean-François Noubel ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Dévaluation de la monnaie  une remise à zéro des compteurs, et des  banques. Dans ce cas il faudrait réconnecter les monnaies à l’étalon-or  comme c’était le cas avant 1971. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D : DETTE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Annulation simultanée de la dette de tous les états, fermeture des bourses &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Reprendre la souveraineté de la dette, demander au français cet  effort financier pour retrouver leur voix et leur souveraineté dans leur  propre pays. Les entreprises seraient bien a même d’y prendre part. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Remboursement de la dette actuelle par un emprunt à la banque de  france à taux 0 qui serait garanti par l’épargne des francais puis  sortir de l’union européenne pour retrouver une complète indépendence &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Moratoire sur la dette afin de savoir si toute elle est légitime et  si elle ne provient pas justement d’un système fait pour créer de la  dette &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Faire racheter la dette par la BCE ??? (les allemands n’en veulent pas). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Etablir les niveaux de la dette nette (la France est débitrice de  l’Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon qui sont peu ou  prou les mêmes dont la France est créditrice.) &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E : FISCALITÉ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Taxation de tous les produits importés à concurrence du coût de notre système de protection sociale. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nourriture et énergie produites dans un rayon de x km, taxation prohibitive sur tout le reste. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Triplement des effectifs des fonctionnaires des impôts , et évidemment réforme complète de l’impôt: &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;100% de prélèvement au delà de 5000 euros de revenu par mois, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;100keuros maximum par enfant lors des successions, tout le reste revient dans pot commun &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Impot sur les successions a 100% (du coup, plus besoin d’IR, ni IS  (ni TVA et autres taxes)). A condition de tenir une generation,  redistribution complete… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Installation d’antennes de lutte contre l’évasion fiscale dans les  zones du pays ou il y a plus d’entreprises que d’habitants (par exemple  Monaco?). Les équipes des détection sont “sous-staffés” par rapport aux  besoins, ce qui pose en aparté le problème de la mobilité des cadres de  la fonction publique (pouvoir enfin recrutés ou muter les gens là où  sont les besoins et réduire les effectifs là où ils sont légions et ne  servent pas à grand chose). Cela permettrait en outre de recruter des  gens diplômés, notamment des jeunes, pour effectuer des taches de haut  niveau (donc augmenter le “niveau” de la fonction publique) et redorer  l’image de la fonction publique qui est aujourd’hui assimilé à du  fonctionnariat dans tout ce qu’il a de plus détestable. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression des “vrais” paradis fiscaux (La City, Jersey, Singapour, etc…) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Reforme de la protection sociale!Chasse aux vrais fraudeurs (qui ne sont pas les assures) et montants punitifs. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Abolition des niches et exemptions. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;évaluation des entreprises subsidiées par l’état, clause de retour  sur subside en terme d’emploi sur la durée et sans emplois précaires  repris dans l’évaluation évidemment&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Remise à plat des tranches d’imposition, proportionnelles aux revenus&lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Baisse des salaires des hauts fonctionnaires, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Augmentation des tranches d’impôts avec une taxe totale au delà des 360 000 € Annuels, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Refonte du système fiscal, avec une nouvelle tranche d’imposition pour les forts revenus avec suppression des niches fiscales. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F : ENCADREMENT DU POLITIQUE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Suppression des cumuls des mandats.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Plafonnement des indemnités à 10 000 euros. Rémunération aux résultats obtenus. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression des privilèges et objets de fonction (voitures, garde du corps…). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On oblige tous les politiques dont on a des preuves qu’ils ont fait  ou dit n’importe quoi à porter un bonnet d’âne dans toutes leurs  interventions télé, en cas de récidive , on passe au nez de clown &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Fin des privilèges pour les fonctionnaires qui travaillent au  Sénat/Assemblée (ex: primes de nuit alors que les dites personnes ne  travaillent pas). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“Contrôle des pouvoirs” avec des organes de délibération et de rotation des rôles avec Etienne Chouard et Patrick Viveret ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revoir l’organisation des collectivités publiques et le couplage  désastreux commune-collectivité de communes-département région-etat pour  faire des économies. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Refondre la politique des aides sociales. Montrer l’exemple en  diminuant le salaire de nos élus de 30% vu qu’ils ne font que parler et  se tirer dans les pattes, un forfait au parler utile, des politiques RH  chez les politiques? &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G : EDUCATION &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;On commence déjà par former des citoyens et non des consommateurs à l’école nationale. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rendre l’économie - la science - un peu moins rébarbative &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les notions de performance sont remplacées par la notion  de participation et de satisfaction. On lance la campagne “Ben oui qu’on  peut, et même en mieux” &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Eduquer la France au budget. A l’école, dans les ministères, dans  les villes et villages de France et de Navarre. Budgets prévus, budget  actuels, déviations, vision a long terme (au delà d’un mandat)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réécrire les méthodes d’éducation de nos enfants et ne pas leur  donner des mauvais exemples dans notre vie de tous les jours : un jour  j’ai dit à mon Boss : “un bon manager est quelqu’un qui a déjà su  éduquer ses enfants” : tes enfants te respectent à partir du moment où  toi-même : tu les respectes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Apprentissage de la méditation des 4 ans&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression des notes&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Décloisonnement des enseignements / Apprentissage de la pensée systémique&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Généralisation d’Eurasmus&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;H : POLITIQUE DE L’EMPLOI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Réintroduction de l’échelle mobile des salaires qui indexe les salaires sur l’inflation. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Fin du remboursement fiscal des voitures de société, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Déductibilité augmentée pour entreprises à fort taux d’emploi des femmes (à salaire égal) et minorités “visibles”, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mise en place d’un plan d’emploi des +50ans en parallèle avec la  formation de jeunes (impossible sans synergie emploi-finances), &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;De vraies sanctions aux entreprises qui licencient malgré leurs fortes prises bénéficiaires, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“facilitation” des lois fiscales aux entreprises de moins de 50 personnes pour localiser l’emploi et donc le pouvoir d’achat, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;contrat de travail unique à durée indéterminée, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;statut unique coopératif des sociétés (à commencer par les sociétés de presse), &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;cessation progressive d’activité pour tous, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; âge de la retraite en fonction de l’espérance de vie, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;salaire moyen comme minimum retraite &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Découpage des titres et diplômes en modules à passer tout au long de l’année, tout au long de la vie. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revoir la rémunération des patrons en fonction de l’amélioration de  leurs performances dans le climat social (pourquoi pas?) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;10 semaines de  congés payés dont 5 à se former. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;études payantes interdites. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; salaire étudiant. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le Dividende Universel : Synthèse capitaliste pour instaurer une authentique compatibilité entre compétitivité et cohésion sociale ; entre compétitivité et solidarité. Ce projet de “Dividende Universel” se compose d’un Objectif Principal (Acquisition Citoyenne &amp; Collective du Pouvoir Économique) et de deux &lt;br/&gt;Objectifs Spécifiques :I)Transformer le “capitalisme ordinaire” en un authentique Capitalisme Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable.II)Faire bénéficier chaque citoyen, même mineur, d’un Dividende Universel évolutif qui, de facto, éradiquera définitivement le concept même de chômage.&lt;br/&gt;&lt;br/&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; I : CULTURE DE SOCIETE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Ne plus baser l’économie sur la croissance mais sur le bien être des gens. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Avec une plus forte localisation des échanges économiques on  parvient en corollaire à réinstaurer la notion de dignité qui règne  toujours aujourd’hui là où la finance n’a pas pris l’ampleur qu’on  connait en Occident, on achèterait à quelqu’un et plus juste “quelque  chose”. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arrêter le matraquage publicitaire et éduquer les enfants. travail sur plusieurs générations &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Malencontreuse panne de télé pendant quelques temps &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On arrête de faire croire que plus de croissance = plus de richesses = plus de bonheur.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dire la vérité : la croissance exponentielle sans limite est  impossible &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;limitation de la publicité (quotas passage tv/radio, plus de  panneaux, interdiction dans les journaux). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Affichage de la marge. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;bouteilles/emballages obligatoirement recyclables, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;limiter le temps de cerveau disponible en interdisant la télé avant la maturité intellectuelle. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;conditionnement des denrées réglementé et taxé (plus on s’éloigne du produit de première nécessité, plus on taxe). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il faudrait obliger les gens à lire au moins un livre par mois :) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On instaure un revenu d’existence avec Francois Plassard ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Indépendance des éditeurs… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revenir aux ideaux du CNR. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réintroduire le respect dans les relations avec autrui, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tenter de ne pas prêcher qu’aux convaincus - c’est le plus dur &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Trouver un mot federateur (sexy ?) pour parler de décroissance &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;toutes les mesures que nous avons évoqués précédemment s’imbriquent  les unes dans les autres : une meilleure répartition des richesse  conduirait les gens à être beaucoup plus cultivé &gt; un peuple cultivé a  soif de connaissance, les abonnements aux différents journaux seront  boostés, idem pour les livres &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J : STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt; Les bénéfices tirés de ces mesures doivent être redistribués  dans l’éducation, la santé, la culture; feraient ressentir aux “gens” ce  qu’est le “vrai bien-être” &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;création d’un salaire minimum à 10KE/ mois pour les métiers de la vie et l’éducation.. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;renverser les priorités et le recrutement des talents vers le  secteur de l’enseignement et de la vie : les profs et les médecins mieux  payés qu’un trader et un direct makrtg ! &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On crée un comité de” Debut-ance” pour veiller à ce que la Fin-ance  ne soit pas une fin en soi… mais bien au service de la création, avec  @Claude Perrigaud ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; information sous forme de service public indépendant &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Utilisation de l’epargne des français (qui est l’une des plus  importante du monde) aux financement de grands projects stratégiques  plutôt que de laisser les assureurs gèrent l’épargne des français en  allant spéculer sur les matières premières par ex &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on fixe de grands chantiers de développement avec le CESE et Anne de Béthencourt ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on organise de nouveaux cadres juridique pour favoriser l’innovation sociale avec Anne Laure Brun Buisson ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on lance des plans d’expérimentations “evidence based policy” avec Arnaud Riegert ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on se donne des rendez-vous annuels pour des évaluations/délibérations… en remettant le débat publique au centre. ON S’ASSUME &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Trouver son secteur de développement et investir (je vois  principalement les services a un niveau européen, mais pas seulement  l’industrie des services, dans la maitrise et la gestion des demandes  d’energie via les smart grids and so on) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Faire pression sur le ministère de la défense et les Affaires  étrangères, pour que l’on réduise notre engagement dans des conflits  avec lequel nous n’avons aucun intérêt stratégique ni politique (ou  plutôt qui salisse notre image). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;dossier médical électronique individuel crypté, sécurité sociale universelle, suppression des mutuelles &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Last but not least (avec vos mots) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;si tu peux évites le protectionnisme, c’est juste une mesure  immédiatement populaire qui torpille toute entente entre les états or  c’est se tirer une balle dans le pied au final… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;maitriser le travail des hommes de terrain (les respecter)  &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;maitriser les normes comptables pour ne pas se laisser balader&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/14303463763</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/14303463763</guid><pubDate>Fri, 16 Dec 2011 04:29:16 -0500</pubDate></item><item><title>Si j'étais MOF (en tous les cas sur Facebook)</title><description>&lt;p&gt;Voici donc les idées postées sur mon fil Facebook à la suite de mon « annonce ». La moindre des choses pour prolonger ce travail collectif (175 contributions) était de tenter de regrouper les idées postées par thématique. C’est chose faite ci-dessous (pardon pour les doublons et les fautes d’orthographe, je laisse les idées dans leur « jus »). Pardon aussi pour les éléments trop techniques que je n’ai pas intégrés car je ne sais pas encore bien les imbriquer. Pour les thématiques, c’est un ordre un peu arbitraire même si j’y vois une certaine progressivité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tous ceux qui considèrent que l’exercice ne sert à rien sous prétexte entre autres qu’il ne prend pas en compte la réalité (« un MOF n’a jamais carte blanche »), je dirais que c’est l’argument premier pour ne rien faire et surtout ne rien penser. Nous sommes très nombreux à critiquer. Visiblement, vous êtes nombreux à vouloir faire des propositions. La complexité est toujours l’argument que l’on avance à ceux qui tentent de comprendre. C’est imparfait, pas exhaustif, biaisé mais au moins, cela sort ! Merci encore à tous ceux qui ont pris de leur temps pour partager leurs idées. Et bien sur, on peut totalement poursuivre ici ou sur FB, lequel à mon petit niveau, a trouvé une utilité inattendue. Je me mets donc au travail et vous tiens au courant quand le résultat final sera prêt. Merci encore !&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A : REGULATION DES MARCHES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt; Re séparer les banques d’affaires et les banques de dépôt &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mettre à jour l’escroquerie des agences de notation, en les obligeant à s’expliquer sur leur procédés de calculs, et ce, y compris sur la période qui a précédé 2008. Faire une bonne publicité au rapport. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réglementation de l’entrée en bourse des sociétés  Interdiction des ventes à découvert… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Limitation du nombre d’ordres pouvant être émis par les machines… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression de l’anonymat des transactions financières… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Limiter la spéculation abusive, dans le sens short term.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réguler le trading automatique (dans le sens ou les ordres sont passées massivement depuis des megaordinateurs dans les grandes banques d’investissement suivant les effets d’annonce), ca pour aller plus en avant que la nécessaire taxe Tobin. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; B : MODIFICATION DU SYSTEME BANCAIRE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;création d’un compte bancaire “référent” pour chaque individu qui regroupe tous les mouvements effectués sur tous ses comptes, tous ses revenus &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nationalisation de certaines banques, &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C: MONNAIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Récupération de la possibilité d’emprunter (de manière encadrée) à la banque centrale.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;promotion des monnaies locales &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Sortie de l’euro, retour au francs, ré-attribution de ses prérogatives à la Banque de France d’émettre sa monnaie, puis dévaluation pour relancer notre vieille économie à bout de souffle. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Négociation pour le changement de statut de la BCE me semble une des priorités.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Accord international pour un retour à l’étalon-or &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Abroger la loi Pompidou de 1973. Le reste suivra tout seul. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Equilibrer la dépendance au dollar, et pour cela, la France, l’Europe pour devenir un fer de lance international d’une monnaie indexée sur les monnaies principales (Real, Yuan, Euro, Dollar, Ruppies etc, voir les articles édités en 2008-2009 sur tout ces sujets) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; on diversifie la création monétaire et on la fleche vers des vraies besoins en ouvrant des monnaies nationales/régionales complémentaires avec @Philippe Derruder, Frédéric Bosqué et Jean-François Noubel ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Dévaluation de la monnaie  une remise à zéro des compteurs, et des banques. Dans ce cas il faudrait réconnecter les monnaies à l’étalon-or comme c’était le cas avant 1971. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D : DETTE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Annulation simultanée de la dette de tous les états, fermeture des bourses &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Reprendre la souveraineté de la dette, demander au français cet effort financier pour retrouver leur voix et leur souveraineté dans leur propre pays. Les entreprises seraient bien a même d’y prendre part. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Remboursement de la dette actuelle par un emprunt à la banque de france à taux 0 qui serait garanti par l’épargne des francais puis sortir de l’union européenne pour retrouver une complète indépendence &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Moratoire sur la dette afin de savoir si toute elle est légitime et si elle ne provient pas justement d’un système fait pour créer de la dette &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Faire racheter la dette par la BCE ??? (les allemands n’en veulent pas). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Etablir les niveaux de la dette nette (la France est débitrice de l’Angleterre, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon qui sont peu ou prou les mêmes dont la France est créditrice.) &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E : FISCALITÉ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Taxation de tous les produits importés à concurrence du coût de notre système de protection sociale. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nourriture et énergie produites dans un rayon de x km, taxation prohibitive sur tout le reste. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Triplement des effectifs des fonctionnaires des impôts , et évidemment réforme complète de l’impôt: &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;100% de prélèvement au delà de 5000 euros de revenu par mois, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;100keuros maximum par enfant lors des successions, tout le reste revient dans pot commun &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Impot sur les successions a 100% (du coup, plus besoin d’IR, ni IS (ni TVA et autres taxes)). A condition de tenir une generation, redistribution complete… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Installation d’antennes de lutte contre l’évasion fiscale dans les zones du pays ou il y a plus d’entreprises que d’habitants (par exemple Monaco?). Les équipes des détection sont “sous-staffés” par rapport aux besoins, ce qui pose en aparté le problème de la mobilité des cadres de la fonction publique (pouvoir enfin recrutés ou muter les gens là où sont les besoins et réduire les effectifs là où ils sont légions et ne servent pas à grand chose). Cela permettrait en outre de recruter des gens diplômés, notamment des jeunes, pour effectuer des taches de haut niveau (donc augmenter le “niveau” de la fonction publique) et redorer l’image de la fonction publique qui est aujourd’hui assimilé à du fonctionnariat dans tout ce qu’il a de plus détestable. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression des “vrais” paradis fiscaux (La City, Jersey, Singapour, etc…) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Reforme de la protection sociale!Chasse aux vrais fraudeurs (qui ne sont pas les assures) et montants punitifs. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Abolition des niches et exemptions. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;évaluation des entreprises subsidiées par l’état, clause de retour sur subside en terme d’emploi sur la durée et sans emplois précaires repris dans l’évaluation évidemment&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Remise à plat des tranches d’imposition, proportionnelles aux revenus&lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Baisse des salaires des hauts fonctionnaires, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Augmentation des tranches d’impôts avec une taxe totale au delà des 360 000 € Annuels, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Refonte du système fiscal, avec une nouvelle tranche d’imposition pour les forts revenus avec suppression des niches fiscales. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F : ENCADREMENT DU POLITIQUE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Suppression des cumuls des mandats.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Plafonnement des indemnités à 10 000 euros. Rémunération aux résultats obtenus. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Suppression des privilèges et objets de fonction (voitures, garde du corps…). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On oblige tous les politiques dont on a des preuves qu’ils ont fait ou dit n’importe quoi à porter un bonnet d’âne dans toutes leurs interventions télé, en cas de récidive , on passe au nez de clown &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Fin des privilèges pour les fonctionnaires qui travaillent au Sénat/Assemblée (ex: primes de nuit alors que les dites personnes ne travaillent pas). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“Contrôle des pouvoirs” avec des organes de délibération et de rotation des rôles avec Etienne Chouard et Patrick Viveret ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revoir l’organisation des collectivités publiques et le couplage désastreux commune-collectivité de communes-département région-etat pour faire des économies. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Refondre la politique des aides sociales. Montrer l’exemple en diminuant le salaire de nos élus de 30% vu qu’ils ne font que parler et se tirer dans les pattes, un forfait au parler utile, des politiques RH chez les politiques? &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G : EDUCATION &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;On commence déjà par former des citoyens et non des consommateurs à l’école nationale. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Rendre l’économie - la science - un peu moins rébarbative en expliquant, et les notions de performance sont remplacées par la notion de participation et de satisfaction.On lance la campagne “Ben oui qu’on peut, et même en mieux” &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Eduquer la France au budget. A l’école, dans les ministères, dans les villes et villages de France et de Navarre. Budgets prévus, budget actuels, déviations, vision a long terme (au delà d’un mandat)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réécrire les méthodes d’éducation de nos enfants et ne pas leur donner des mauvais exemples dans notre vie de tous les jours : un jour j’ai dit à mon Boss : “un bon manager est quelqu’un qui a déjà su éduquer ses enfants” : tes enfants te respectent à partir du moment où toi-même : tu les respectes &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;H : POLITIQUE DE L’EMPLOI &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Réintroduction de l’échelle mobile des salaires qui indexe les salaires sur l’inflation. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Fin du remboursement fiscal des voitures de société, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Déductibilité augmentée pour entreprises à fort taux d’emploi des femmes (à salaire égal) et minorités “visibles”, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Mise en place d’un plan d’emploi des +50ans en parallèle avec la formation de jeunes (impossible sans synergie emploi-finances), &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;De vraies sanctions aux entreprises qui licencient malgré leurs fortes prises bénéficiaires, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;“facilitation” des lois fiscales aux entreprises de moins de 50 personnes pour localiser l’emploi et donc le pouvoir d’achat, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;contrat de travail unique à durée indéterminée, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;statut unique coopératif des sociétés (à commencer par les sociétés de presse), &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;cessation progressive d’activité pour tous, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; âge de la retraite en fonction de l’espérance de vie, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;salaire moyen comme minimum retraite &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Découpage des titres et diplômes en modules à passer tout au long de l’année, tout au long de la vie. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revoir la rémunération des patrons en fonction de l’amélioration de leurs performances dans le climat social (pourquoi pas?) 10 semaines de congés payés dont 5 à se former. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;études payantes interdites. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; salaire étudiant. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; I : CULTURE DE SOCIETE &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Ne plus baser l’économie sur la croissance mais sur le bien être des gens. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Avec une plus forte localisation des échanges économiques on parvient en corollaire à réinstaurer la notion de dignité qui règne toujours aujourd’hui là où la finance n’a pas pris l’ampleur qu’on connait en Occident, on achèterait à quelqu’un et plus juste “quelque chose”. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arrêter le matraquage publicitaire et éduquer les enfants. travail sur plusieurs générations &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Malencontreuse panne de télé pendant quelques temps &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On arrête de faire croire que plus de croissance = plus de richesses = plus de bonheur.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Dire la vérité : la croissance exponentielle sans limite est impossible limitation de la publicité (quotas passage tv/radio, plus de panneaux, interdiction dans les journaux). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Affichage de la marge. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;bouteilles/emballages obligatoirement recyclables, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;limiter le temps de cerveau disponible en interdisant la télé avant la maturité intellectuelle. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;conditionnement des denrées réglementé et taxé (plus on s’éloigne du produit de première nécessité, plus on taxe). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Il faudrait obliger les gens à lire au moins un livre par mois :) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On instaure un revenu d’existence avec Francois Plassard ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Indépendance des éditeurs… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Revenir aux ideaux du CNR. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Réintroduire le respect dans les relations avec autrui, &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Tenter de ne pas prêcher qu’aux convaincus - c’est le plus dur &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Trouver un mot federateur (sexy ?) pour parler de décroissance &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;toutes les mesures que nous avons évoqués précédemment s’imbriquent les unes dans les autres : une meilleure répartition des richesse conduirait les gens à être beaucoup plus cultivé &gt; un peuple cultivé a soif de connaissance, les abonnements aux différents journaux seront boostés, idem pour les livres &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J : STRATÉGIE D’INVESTISSEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt; Les bénéfices tirés de ces mesures doivent être redistribués dans l’éducation, la santé, la culture; feraient ressentir aux “gens” ce qu’est le “vrai bien-être” &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;création d’un salaire minimum à 10KE/ mois pour les métiers de la vie et l’éducation.. &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;renverser les priorités et le recrutement des talents vers le secteur de l’enseignement et de la vie : les profs et les médecins mieux payés qu’un trader et un direct makrtg ! &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;On crée un comité de” Debut-ance” pour veiller à ce que la Fin-ance ne soit pas une fin en soi… mais bien au service de la création, avec @Claude Perrigaud ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; information sous forme de service public indépendant &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Utilisation de l’epargne des français (qui est l’une des plus importante du monde) aux financement de grands projects stratégiques plutôt que de laisser les assureurs gèrent l’épargne des français en allant spéculer sur les matières premières par ex &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on fixe de grands chantiers de développement avec le CESE et Anne de Béthencourt ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on organise de nouveaux cadres juridique pour favoriser l’innovation sociale avec Anne Laure Brun Buisson ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on lance des plans d’expérimentations “evidence based policy” avec Arnaud Riegert ; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;on se donne des rendez-vous annuels pour des évaluations/délibérations… en remettant le débat publique au centre. ON S’ASSUME &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Trouver son secteur de développement et investir (je vois principalement les services a un niveau européen, mais pas seulement l’industrie des services, dans la maitrise et la gestion des demandes d’energie via les smart grids and so on) &lt;/li&gt;
&lt;li&gt; Faire pression sur le ministère de la défense et les Affaires étrangères, pour que l’on réduise notre engagement dans des conflits avec lequel nous n’avons aucun intérêt stratégique ni politique (ou plutôt qui salisse notre image). &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;dossier médical électronique individuel crypté, sécurité sociale universelle, suppression des mutuelles &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Last but not least (avec vos mots) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;si tu peux évites le protectionnisme, c’est juste une mesure immédiatement populaire qui torpille toute entente entre les états or c’est se tirer une balle dans le pied au final… &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;maitriser le travail des hommes de terrain (les respecter)  &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;maitriser les normes comptables pour ne pas se laisser balader&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/13122977134</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/13122977134</guid><pubDate>Mon, 21 Nov 2011 15:49:55 -0500</pubDate><category>Regulations de marchés financiers</category><category>Modification du sysètme bancaire</category><category>monnaie libre</category><category>Monnaie locale</category><category>dette</category><category>fiscalité</category><category>encadrement du politique</category><category>education</category><category>culture de société</category><category>politique de l'emploi</category><category>stratégie d'investissement</category></item><item><title>On me demande d’être Ministre de l'Eco et des Finances. J’ai carte blanche. Vous m’aidez à bâtir le programme ?</title><description>&lt;p&gt;Je suis sidérée par l’enchainement des événements qui mènent aujourd’hui des banquiers de Goldman Sachs à la tête des Etats. On est entrain de laisser une dictature s’installer sous prétexte qu’il faut combattre les « méchants marchés ». D’où mon long silence sur ce blog (et mes excuses par la même occasion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faut maintenant sortir de ma cabane : un magazine bien intentionné (enfin… je crois) me demande de me glisser dans la peau d’une ministre des l’économie et des finances. Comme cela n’arrivera jamais, j’ai bien l’intention d’y prendre un vrai plaisir. J’ai bien quelques idées et l’irrésistible envie de faire la peau à certains. J’ai surtout carte blanche. Vous m’aidez à bâtir le programme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci à vous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : Je viens de poser cette question sur facebook et je dois dire que cela fait plaisir de recevoir autant de contributions : &lt;a href="http://www.facebook.com/profile.php?id=581574918"&gt;http://www.facebook.com/profile.php?id=581574918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/12965935458</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/12965935458</guid><pubDate>Fri, 18 Nov 2011 07:55:19 -0500</pubDate></item><item><title>La bourse ou la vie ?</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Quelques reflexions de retour de Zuccotti Park, siège de Occupy Wall Street&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_lsnuuqecuS1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tinky Da arpente quasi nue le béton du 1 liberty Plazza, siège des indignés de Wall Street. Elle chante, danse parfois. Ses longs cheveux blonds, raides et secs, effleurent alors sa culotte turquoise. Elle s’expose un peu lasse à chacun des téléphones tendus. Sur son ventre elle a écrit : « je ne suis pas nue pour m’amuser ; c’est mon expression politique ». Quand le New York Times dépêche un chroniqueur pour couvrir l’événement, celui-ci ne s’intéresse qu’à Tinky, sa tenue. Pas à son message ni ce qui l’entoure, ni même sa posture. Pour décrédibiliser le mouvement, le tourner en ridicule,  la presse traditionnelle n’a qu’à se baisser. Une initiative comme Occupy Wall Street trimballe son lot de soi disant « marginaux », cracheurs de feu à dreadlocks et autres excités du grand soir. Mais voilà, en me fondant dans la foule des indignés, j’ai compris que le chroniqueur du New York Times, ce jour là n’avait rien vu. Ou n’avait rien voulu voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;“Mic Check, this is George Soros…”&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit le mouvement désorganisé, naïf et donc condamné dans l’œuf parce que sans leader. Sauf que c’est un choix tout à fait assumé. Revenus d’une « démocratie » pleine de soit disant « leaders » et autres technocrates en costumes bien mis, mais dans laquelle ils n’ont aucune prise, les activistes cherchent une alternative. A Zuccotti Park, les assemblées générales se succèdent mais ne se ressemblent pas. Tout se vote (faut-il une personne responsable des media ? une liaison avec la police) à la main levée. L’espace occupé depuis samedi 17 s’est organisé : le coin infirmerie, le coin juridique, le coin media, la cantine, le campement. Des formations sont dispensées tout au long de la journée (« l’action non violente », « que faire si vous êtes arrêté », « comment parler aux media ») et un flot incessant de tweet, messages facebook et autre livestream inonde la toile.  C’est spontané, inédit mais tout sauf bordélique. Le mouvement est tellement organisé qu’il est entrain de devenir une incroyable caisse de résonnance ! Depuis le 17, les pilotes de Continental et de United Airlines, Susan Sarandon, Michael Moore et Naomi Klein sont tous venus tester le « human microphone ».  La NYPD ayant interdit le mégaphone (et aussi les masques et les bâches), la personne qui veut prendre la parole crie « Mic Check ». Celles qui l’entourent crient « Mic Check ». L’auditoire se fait silencieux. Le valeureux se lance, ses porte-voix humains reprenant chacune de ses phrases. J’ai hâte que Soros, Bernanke ou Geithner - qui ont tous déclaré comprendre le mouvement -, ne concrétisent et s’emparent du Human Microphone. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;99% versus 1%&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au delà de l’organisation et de la forme (critique à nouveau facile et assez éclairante sur les intentions), le New York Times s’est moqué du fond. Les « Occupy Wall Street » seraient dans une sorte d’opposition primaire, un fourre tout de la contestation hautement manipulable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’originalité du mouvement réside notamment dans son ouverture à toutes les voix. Dans la foule, il y a des anciens du Vietnam, des pères de famille chassés de chez eux par les banques,  des SDF, des travailleurs immigrés, des hippies. Mais il y a aussi, des avocats, des journalistes, des étudiants, des infirmiers, des mères de famille. Et c’est tout l’intérêt. Wall Street, la collusion de la finance et du politique n’a pas un effet catégoriel mais un système d’effets. Et c’est l’emprise de ce système-là qui est précisément dénoncé. Le point commun de toutes ces revendications est d’être portées par tous ceux qui en sont « victimes », les 99% dominés par les 1%. Qu’est-ce qui dérange : l’effet de masse créé ? L’union fait la force. Pas étonnant que les politiques dépensent autant d’effort à nous dresser les gens les uns contre les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RDV sous le Charging Bull&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pour les media établis, les « occupy wall street » n’auraient aucune proposition à faire témoignant bien là de leur immaturité. Rien n’est plus faux. Le 1er jour quand le camp s’installait, ils étaient alors une petite centaine à se retrouver sous la statue du Charging Bull, se découvrant, se flairant. Epatés de voir les rangs grossir d’heure en heure, déçus de ne pas être déjà des millions. Qu’ont ils immédiatement fait ? Ils se sont parlés. Dès le premier jour, sur les bancs de Bowling Green Park, on débattait déjà du Glass Speigal Act, la personnalité juridique des multinationales, le rôle de la monnaie, le poids des lobbies, le financement des campagnes etc… Il se passait vraiment quelque chose. Sur les marches du National Museum of American Indian, ils se sont chauffés la voix, ont inventer leurs cris de ralliement. Et puis ils ont commencé à rameuter des copains avec leur Smartphone.  Avec un tout petit peu de recul, je me dis qu’il en fallait (de la désillusion mais aussi de l’enthousiasme) pour y croire ce 17 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Obama perd ses petits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros des indignés de Wall Street (les plus jeunes, diplômés sans boulot ni assurance maladie mais des idées et une bonne maitrise des réseaux sociaux) ont milité pour Obama, vivant alors pour la plupart leur baptême de citoyen. L’eau était gelée. Ecoeurés par un « Yes we can » de pacotille, ils ont appris vite : dans ce pays/ ce système où tout s’achète, ils n’auront jamais les moyens de se payer leur candidat. Reste la rue, la solidarité et les réseaux… Reste la vie. Ce qui est formidable à Zucotti, c’est l’énergie de vie, fut elle seins nus. Je ne suis pas prête d’oublier ce que j’ai vu là bas. J’ai discuté avec des professeurs, des étudiants, des anciens de la City, des retraités chacun à mille lieux de la figure de l’anarchiste véhiculé par des supports media (suppôts ?) que cela arrange bien. Il y avait quelque chose d’assez magnifique dans ce patchwork d’indignations qui s’écoutent et disent la même chose : nous ne sommes plus en démocratie. Le politique et les media traditionnels ne font plus leur travail. Dont acte. Occupy Wall Street défie le conformisme et le bonheur marketé. C’est probablement ce qui dérange le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D Day pour Adbusters et le journalisme indépendant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’initiative a été lancée par Adbusters, ce « journal de l’environnement mental » absolument génial. Une presse alternative, sans pub, avec un point de vue par article. Détournant les messages publicitaires, carrément arty, délivrant ses messages comme des coups de poing, ce trimestriel se lit comme un voyage dans la médiocrité de la société consumériste, la notre. Et renvoie à notre propre démission. Souvent violent par les associations d’idées créées, Adbusters appelait à un certain réveil. Il est devenu « mainstream ». Sur Facebook, une petite vidéo de Gandhi s’échange depuis quelques jours : « Au début ils t’ignorent. Ensuite ils te ridiculisent. Puis ils te combattent. Et alors tu réussies ».  La guerre des images, elle, a démarré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin : &lt;a title="site de adbusters" href="http://www.adbusters.org"&gt;adbusters.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/11109930930</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/11109930930</guid><pubDate>Thu, 06 Oct 2011 16:16:00 -0400</pubDate><category>occupy wall street</category><category>Naomi Klein</category><category>Michael Moore</category><category>Glass Speigal Act</category><category>Charging bull</category><category>17 septembre</category></item><item><title>CGI 2011 : quand Bill veut sauver le monde avec ses petits bras (et beaucoup de sous)</title><description>&lt;p&gt;Dans une Amérique en ruines et un Manhattan en ébullition (Assemblée Générale de l’ONU, castagne sur la reconnaissance de la Palestine, occupation de Wall Street – par ailleurs fébrile - par des indignés américains), Bill Clinton réunit ces jours le gratin des affaires pour sa grande fête de la philanthropie : la Clinton Global Initiative. Nous sommes Midtown, au Sheraton, cernés par les sièges sociaux des banques américaines. Au coeur du réacteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la 7ème édition de cet événement créé par Clinton pour Clinton, c’est à dire pour continuer à exister. &lt;strong&gt;Son idée : pour sauver le monde, il faut créer des alliances entre la sphère publique, le privé et les NGO. Why not ?&lt;/strong&gt; J’étais venue en 2008, en étais répartie écoeurée par le lavage de cerveaux : http://florevasseur.com/fr/articles/21/bill-clinton/ Intéressant de voir combien en 3 ans, l’événement a changé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette année encore JP Morgan, Pepsi, Cisco, corporate america est bien là, alignée dans des sessions à la gloire d’une vision sur l’humanité directement sortie des ordinateurs de leurs communicants. Rien n’est trop beau (ni trop cher, ici 20 000 dollars le ticket) pour partager le podium avec Clinton : elles annoncent leur « commitment » pour sauver le monde : des écoles en Afrique, des jobs aux USA, des vaccins pour le Bangladesh. &lt;strong&gt;Optimisme vissé au corps, Clinton avance sur scène, prêt à en découdre avec ce monde qui prend l’eau. Il ne manque que les trompettes. Dans un décor bleu et or, il martèle “dans chaque problème de la planète il y a une opportunité”. Il parle probablement de business. Standing ovation. On est dans l’entre-soi&lt;/strong&gt; ; même quand Nick Kristof, l’éditorialiste du NY Times, l’accroche sur son rôle dans la dérégulation financière. Les quelques 150 journalistes qui couvrent l’événement n’ont pas le droit de se déplacer sans escorte (et donc de parler aux participants). Rien ne doit gâcher la formidable opération de com’ hollywoodienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais cette année, le lavage de cerveau est un peu moins explicite. D’abord, Clinton lui-même mâche peu ses mots&lt;/strong&gt;, sur le déni ambiant quant au changement climatique, sur la politique “devenue émission de divertissement”, sur l’apathie ambiante – pour rester politiquement correct : « le vrai problème en Amerique : les gens sont imperméables à l’idée d’avoir une information exacte. On va voir s’il reste sur la même lancée demain quand Obama sera là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande nouveauté est surtout que l’&lt;em&gt;establishment&lt;/em&gt; (premiers ministres occidentaux, CEO) est moins mis en avant. La sphère publique a disparu, comme elle a disparu dans la « vraie vie d’ailleurs ». Le monde des affaires fait profil bas, entre ses profits mirobolants et ses plans de licenciement. Du coup, les plénières sont trustées par des personnes de terrain, des humanitaires, des activistes, des chefs de gouvernement de pays dits « secondaires » (Zimbabwe, Mali etc..) plus habitués aux sessions du soir, quand l’assistance est assommée une journée de discours insipides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au delà du monde de Coca et consorts, il y a bien une flopée d’entrepreneurs et de « leaders » (invités eux) bien revenus des promesses de l’Oncle Sam.&lt;/strong&gt; Pour en nommer quelques uns, Leymah Gbolee (Liberia), Rye Barcott (ex marine, installé à l’intérieur de Kibera), Valentino Achak Deng n’ont attendu personne pour impacter leur monde.  Les multinationales ont besoin de se refaire une image. Les projets des entrepreneurs sociaux ont besoin d’un énorme effet de levier. Tout se vend, s’échange. C’est à qui infiltre qui, qui impacte qui. Corporate america peut remballer ses spots publicitaires : on lui a volé la vedette. Plus personne n’est dupe. C’est déjà cela de pris.&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/10457557697</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/10457557697</guid><pubDate>Tue, 20 Sep 2011 18:47:00 -0400</pubDate><category>clinton global initiative</category><category>Leymah Gbolee</category><category>Rye Barcott</category><category>Valentino Achak Deng</category><category>Bill Clinton</category><category>Corporate america</category><category>Brand washing</category></item><item><title>11/09/01 : The day I didn’t die</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;C’était il y a 10 ans.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je l’ai écrit dans « une fille dans la ville ». Ou plutôt j’ai écrit mon premier livre pour trouver une place à ce moment là. Le mettre en boite. Et le ressortir de temps en temps. Comme aujourd’hui. 10 ans plus tard : &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;br/&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 septembre 2001, 8 h 53 au bureau. Premier appel du matin. C’est Marco au téléphone :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— Ne t’inquiète pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— De quoi ? Et au fait, bonjour. Ça va ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;—Écoute, reprend Marco, CNN dit qu’un avion de tourisme a fini par se prendre le World Trade Center. C’était couru d’avance, hein ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— Quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— Rien de grave. Je n’ai pas le temps de t’expliquer. Il faut que je prévienne mes employés. Je te rappelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, Marco s’est épuisé sur un contrat de vente. Il a inventé un service de transactions bancaires, « je te jure, de quoi faire pleurer CitiBank ».  À cent cinquante mètres des Twins, Marco n’a rien vu ni entendu. Pas même son réveil. Ce matin-là, le vent souffle à l’ouest et l’Hudson River scintille. Agacé par ce temps qui file sans lui, il s’est levé, a allumé Bloomberg TV. C’est sa météo. Tout ce qui compte. En se rasant, il a vu le future du Dow Jones dégringoler anormalement. Et puis il m’a appelée à mon bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux voir. Par réflexe, j’attrape un appareil photo. J’ignore le téléphone qui sonne beaucoup trop pour un matin et entraîne mes quelques collaborateurs au sommet de l’immeuble. Dans les escaliers, nous faisons la course. Sur le toit, personne ne joue. Mes voisins sont tous là, éberlués. Devant nous, les buildings se disputent un peu d’espace dans ce décor de carton-pâte. Comme des milliers d’allumettes, les New- Yorkais se sont alignés sur les toits et regardent vers le sud. Vers les tours qui se déta- chent du bleu parfait. L’air est clair, je pourrais les toucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’avion de tourisme a donné un coup de canif sur le flanc de l’une d’elles. En feu. Tom, un de mes collaborateurs, me prend en photo devant. Been there, done that, got the tee-shirt1. Sur la photo, je souris si fort que je vieillis d’un coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— You guys are sick2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un type à la mine décomposée me traite de malade. Radio collée à l’oreille, il explose en larmes. Hurle que c’est une attaque terroriste. D’autres avions voleraient vers Manhattan. Vers nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— C’est la fin du monde, pleure-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne me fait rien. Un peu comme une morsure de requin. Fulgurante, la douleur n’atteint pas le cerveau.  Au bureau, le téléphone ne fonctionne plus. Les e-mails pleuvent sur les écrans. Avec nos correspondants, il n’y a plus de statut social. Mais toujours les mêmes mots : « Mon Dieu, je ne pense qu’à vous. Que se passe-t-il ? »  Ils relaient les consignes d’évacuation, nous informent : la tour Sud est touchée, la tour Nord est tombée, les tunnels et les ponts sont fermés, l’Empire State serait la prochaine cible. La mort est à huit blocs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon père parvient à me joindre. Pour une fois, sa voix monocorde s’envole. La mienne refuse de dérailler comme je refuse de croire à cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— Ici, tout va bien, je te jure. D’où je suis, c’est toujours l’été, le ciel bleu, l’air pur. New York, quoi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont devenus fous. Ou alors c’est moi. Vu du reste du monde, c’est une journée en enfer. D’ici, c’est une très belle matinée de septembre avec une attraction un peu parti- culière en bas de la ville.  Nous remontons sur le toit. La tour Sud sursaute une dernière fois et s’atomise sous nos yeux. De bloc en bloc, une onde de cris reflue. Alors, nous crions. Comme lors d’un feu d’artifice, le son circule moins vite que l’image. Au cinéma, New York est toujours la ville par laquelle arrive la catastrophe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tours tombées, nous nous replions sur nos écrans d’ordinateur. La connexion Internet lâche à son tour. Le fil est coupé, nous n’avons plus que nous. Mes quelques stagiaires et employés ont cru à mon aventure d’apprentie entrepreneur partie à la conquête de l’Amérique. Maintenant, ils sont là. Qu’est-ce que je dois faire d’eux ? Qu’est-ce que je dois faire de moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sortir des buildings et trouver un poste de TV. Tout le quartier a la même idée. Au sport bar du coin, le taulier ne fait pas payer. Il est persuadé que son heure est venue. Sur les écrans, NY1 a l’exclusivité de l’événement, les chaînes satellites sont hors service. Cas de force majeure : leur relais était posé au sommet des tours. Les journa- listes effondrés n’en savent pas plus que nous. À chaque pause publicitaire, la rumeur reprend son brouhaha : le Golden Gate torpillé, un avion écrasé en Pennsylvanie, JFK piraté, le Capitole attaqué, le Président en fuite. Le quartier est bouclé, on ne voit plus rien, les gens hurlent. Il faut rentrer chez soi. Mais où est Marco ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’embarque mon équipe vers le sud. La rue a perdu son rythme, ses bruits. Les taxis ont disparu, le métro ne roule plus.     Nous zigzaguons entre des New-Yorkais abandonnés au bitume. Résignés, ils remontent vers le nord en silence. Rien ne sort, rien à dire. En s’effondrant les tours ont coupé le son. Les méchants blindés s’alignent sur Houston Street. Les F16 patrouillent dans un ciel qui s’en fout. &lt;em&gt;Cops &lt;/em&gt;et militaires sortent de nulle part. Sérieux, professionnels, puissants, ils sont en retard. Les ambulances hurlent. Elles crient pour ne pas penser. Je n’entends qu’elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers midi, le vent tourne au nord. L’odeur de métal et de chair carbonisés se répand. Je dois capituler. Je suis forcée de ressentir. Comme une mauvaise conscience, l’odeur s’incrustera partout. Les vents et le temps n’y pourront rien. Dans une dernière grimace, l’insouciance a fermé la porte derrière elle. À double tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs heures plus tard, Marco débarque à la maison. Rasé de près, chaussures briquées, il porte une chemise bleue de chez Brook Brothers, sent bon l’eau de toilette. Depuis mon départ du bureau, mes bras se sont ouverts et ont réconforté une bonne dizaine d’inconnus. Lui n’en veut pas. Nos questions et regards l’agacent. Il avait trouvé deux places sur un Zodiac pour traverser l’Hudson River et s’enfuir vers le New Jersey. Quand le proprio lui a demandé 1 000 dollars, il a renoncé. Hormis cela, je ne saurai jamais ce qu’il a fait de tout ce temps aux portes de l’enfer. Ce qu’il a vu. Où s’est cachée son âme. La mort lui a tapé sur l’épaule. Il file à mon bureau sauver ce qui peut l’être. Il veut travailler, tout de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une fois, Marco est obligé de dormir chez moi. Au bord du gouffre, on s’aime un peu mieux. Nous nous serrons l’un contre l’autre pendant la nuit. À 4 heures du matin, je suis réveillée par les cris d’une femme. Seule dans la rue, elle hurle à la mort. Des passants tentent de la calmer. Je m’habille pour aller les aider. Trop tard. Ils ont disparu. Mon vélo aussi. À la grille de l’immeuble, son cadenas éventré pend impuissant. Comme moi. Mais tout à l’heure, que devrai-je faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, je pars au travail en rollers, pour de faux. Je roule sur une île isolée dans un pays coupé du monde. Les rues sont désertes, mon quartier barricadé. Par crainte des émeutes, les magasins ont baissé leur rideau métallique. Dégoûtés par l’odeur, les rats se cachent. Recouverts d’une couche de poussière, des camions militaires sortent de l’enfer. Poussière de quoi, de qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rue, entre les photos des personnes disparues, des affichettes appellent la population à donner : du sang, de l’eau, dela glace, des vivres, du sparadrap, des sacs poubelle. Je dévalise le supermarché et passe à l’association du quartier : débordée. Je file à l’hôpital donner mon sang : quatre heures d’attente. Je pars acheter des mas- ques de protection pour les distribuer dans la rue : rupture de stock. Je m’inscris sur la liste des volontaires non qualifiés et me retrouve à faire des photocopies dans un hôpital de la 3e Avenue. À distribuer la soupe dans un commissariat à des policiers déglingués de fatigue. Ni infirmière, ni psy, ni pompier, ni chauffeur de bus, ni institu- trice, ni rien du tout, même pas scout, grande gueule suffisante bardée de diplômes, je ne peux rien faire en temps de catastrophe. D’ailleurs, suis-je là, pas là ? Dedans, dehors ? Française, américaine ? Vivante ou morte ? C’est là, devant moi, à vingt-cinq blocs et je ne comprends rien. Mais tout de suite, est-ce que je peux respirer cet air ? Est-ce que je peux boire cette eau ? Est-ce que je peux encore croire à quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 septembre, Bush arrive enfin à Ground Zero. Il s’adresse à la Nation : « Ne les laissez pas gagner ; ne les laissez pas nous détruire. Continuez votre vie comme avant. Faites du shopping ! » Tout le monde applaudit.     Le 15, les chaînes retransmettent un Téléthon organisé par George Clooney pour  les familles des victimes. Le lieu d’enregistrement de l’émission est classé &lt;em&gt;Secret Défense&lt;/em&gt;. Les acteurs ont une minute en direct face à la caméra pour dire ce qu’ils veulent. Julia Roberts conclut la voix cassée: «Aimez-vous les uns avec les autres. » Je pleure enfin. C’est devant la TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 21, Prada ouvre le plus grand magasin de son histoire au coin de Broadway et de Prince Street. Deux ans de travaux, 50 millions de dollars d’investissement pour une ouverture dans un Soho interdit au public et puant la mort. Mauvais timing.  Chaque jour, de 5 heures du matin à minuit, Giuliani est partout. Il enchaîne enterrements, conférences de presse, réunions de sécurité, coups de fil au Président. Le moindre de ses gestes est retransmis. Selon les circonstances, il change de cos tume. Il n’enlève jamais sa casquette de Yankee. Galvanisé par l’événement, il sait trouver l‘attitude, le bon mot, le ton juste. Les New-Yorkais détestaient leur maire rigide. Aujourd’hui, il les tient debout. Il en a oublié son cancer de la prostate. À côté, Bush est un pantin en rangers qui pleure sa maman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis venue à New York comme on tape du poing sur la table. Pour le rêve, le souffle. Ce matin-là, quelques coups de cut- ters ont tout pulvérisé. Et j’ai découvert la loi de la gravité, l’odeur du kérosène et de lachair en putréfaction. C’en est fini de la mascarade, du rire qui se moque de tout, de l’ambition qui cache la déprime larvée. L’Amérique n’est plus un rêve. Ce n’est pas mon pays. Nous sommes en guerre. J’ai envie de rentrer chez moi. Mais c’est où, la France. C’est quoi, la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. « J’y suis allé, j’ai fait ça et j’ai ramené le tee-shirt. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. « Espèce de malades. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;@flore vasseur - « une fille dans la ville » - Edition des équateurs, Sept 2006&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/9999287413</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/9999287413</guid><pubDate>Fri, 09 Sep 2011 13:34:00 -0400</pubDate><category>11 septembre 2001</category><category>Une fille dans la ville</category><category>WTC</category></item><item><title>S'il n'y avait qu'une chose à retenir de tout cela : le complexe de Dieu</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 19 juillet 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est la saison des aurevoir ou plutôt, ici et maintenant, des adieux et forcément, j’ai le cœur gros de lâcher ce micro. Alors pour cette chronique, plutôt que de vous parler de tout ce qui va mal, de cet été et de cette rentrée de tous les dangers, j’ai plutôt envie de partager avec vous un compte rendu express, tout frais, de mon voyage au paradis des idées et des rebelles du Cogito, je veux parler de la Conférence TED qui se déroulait la semaine dernière en Ecosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conférence est une sorte de pilule verte contre le misérabilisme ambiant et je dois dire que cette année, j’en ai pris plein les yeux et plein le cœur. A TED cette année, on a célébré la vie, sa formation, ses contradictions, sa beauté et donc bien évidement, on a beaucoup parlé d’exigence, d’inconnu, d’amour et même de mort. &lt;strong&gt;A TED, ce qui compte, c’est moins les idées, ni même les personnes. Ce qui est formidable, c’est l’incroyable énergie de questionner, de remettre en cause le statu quo, et de tenter de réaliser un rêve : voler comme un oiseau, devenir une rock star, découvrir une planète, apaiser un mourant, sauver le monde. Il ne s’agit pas d’avoir raison mais d’être bien vivant dans une société qui, parce que c’est plus pratique et surtout plus rentable, standardise tout et nous transforme en zombie.&lt;/strong&gt; Pour preuve, je vais vous raconter - trop brièvement - l’histoire de deux intervenants à TED qui ont refusé d’être des zombies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bunker Roy, un indien à la soixantaine enlevée, est venu détailler les « 45 années de son histoire d’amour » - c’est comme cela qu’il la définit - avec les pauvres.&lt;/strong&gt; Sur-diplomé, de caste élevée, il envoie balader à 25 ans sa carrière diplomatique pour construire des puits dans les villages. Sa maman frôle le coma mais peu importe, il crée le Barefoot college dans lequel on accepte tout le monde sauf les diplômés. Les écoles sont construites par les villageois eux-mêmes, les enseignements sont définis en fonction de leurs besoins concrets. On forme des architectes, des ingénieurs spécialistes en panneaux solaires et même des dentistes. Dans les 37 pays dans lequel il est désormais présent, Barefoot investit sur des talents à haut potentiel : les grands mères. Et ça marche ! Dans ces villages lâchés par la globalisation, il y a maintenant l’électricité, des écoles, des médecins qui ont poussé de manière organique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second exemple : Nadia Al Sakkaf, avait tout pour passer sa vie derrière une Burka. Yéménite, trentenaire, elle a repris la rédaction en chef du Yemen Times pour succéder à son père, qui venait d’être assassiné. Le Yemen Times, c’est une goutte d’eau dans l’océan d’info, mais c’est le seul espoir d’être entendue pour une génération qui aspire à la liberté.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Burner Roy, ou Nadia Al Sakkaf, cette année la conférence avait ses inconnus éblouissants mais aussi ses rocks stars, comme le pianiste Balezs Havasi ou l’historien Niall Freguson, le philosophe Alain de Botton. La conférence avait ses gadgets, la voiture qui vole, le robot qui danse, le bracelet qui fait maigrir. &lt;strong&gt;TED avait surtout son message : la vie est une succession de tentatives et d’échecs. Pour gérer la complexité de notre monde, il faut dégommer ce que Tim Harford appelle le « complexe de Dieu », la conviction de tout savoir même quand on y comprend rien. Tentative, échec, tentative, échec… attitude gagnante dans un monde qui prend l’eau ?&lt;/strong&gt; Un petit conseil chers auditeurs : dans les mois à venir, méfiez vous comme de la peste des politiciens débarquant avec leur arsenal de remèdes miracles. &lt;strong&gt;Le défi du 21ème siècle c’est sortir de soi et de ce que l’on sait, c’est partir à l’aventure, même si on vous barre la route ou que, pour des raisons qui vous dépassent, et je pense le dire sans amertume, on vous coupe le micro. Car c’est presque un processus normal.&lt;/strong&gt; Merci donc à vous Marc Voinchet d’avoir fait une place à mes idées. Et chers auditeurs, chers lecteurs votre attention fut le plus précieux des cadeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous laisse donc avec cette citation de Mark Twain : « Ne te sépare jamais de tes illusions. Quand elles disparaissent, tu existes peut être toujours mais tu as cessé de vivre ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Update 1 : l’intervention de Nadia Al Sakkaf est déjà en ligne sur le site de TED : &lt;a title="Nadia Al Sakkaf" href="http://www.ted.com/talks/nadia_al_sakkaf_see_yemen_through_my_eyes.html"&gt;&lt;a href="http://www.ted.com/talks/nadia_al_sakkaf_see_yemen_through_my_eyes.html"&gt;http://www.ted.com/talks/nadia_al_sakkaf_see_yemen_through_my_eyes.html&lt;/a&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Update 2 : Avec sa “reckoning song” (la 5), Asaf Avidan, un chanteur israelien, a mis l’audience de TED en émoi (et moi, à terre). Je vous laisse découvrir : &lt;a title="Asaj Avidan" href="http://www.deezer.com/listen-5105087"&gt;&lt;a href="http://www.deezer.com/listen-5105087"&gt;http://www.deezer.com/listen-5105087&lt;/a&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/7800077526</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/7800077526</guid><pubDate>Tue, 19 Jul 2011 08:00:00 -0400</pubDate><category>Alain de Botton</category><category>Asaf Avidan</category><category>Barefoot College</category><category>Le complexe de Dieu</category><category>Nadia Al Sakkaf</category><category>TED</category><category>TEDGlobal</category><category>Yemen Times</category><category>alezs Havasi</category><category>iall Freguson</category><category>Bunker Roy</category></item><item><title>Zizeck et Assange, sur la violence et le terrorisme</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 12 Juillet 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DSK n’arrive pas à ouvrir la porte de son Riad new yorkais et les télévisions nous recrachent les 3 minutes de ce suspens impossible à une heure de grande écoute. Il y aurait du césium radioactif dans l’eau de Tokyo et personne ne parle plus vraiment de ce pays. Là bas, tout ce printemps un Tokyoïte français s’est excité, seul face à la caméra de son ordinateur. Il a hurlé contre la désinformation en cours. Il a peur pour lui, ses enfants. Ses vidéos, postées sur youtube, disparaissent, le plus souvent. Il est seul, comme une voix dans la nuit, loin, si loin de notre pays tout acquis à la cause du Tour de France. C’est Alex in Tokyo qui nous dit que nous n’avons jamais été aussi informé et pourtant, que nous ne savons rien, ou si peu.&lt;strong&gt; Les media se perdent dans le décorticage des minis drames inutiles des célébrités quand le monde réel, celui qui nous explose à la figure, est ignoré. Ou si mal considéré. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce constat a servi de point de départ en février 96 au programme d’information alternatif et sans publicité ni même argent de l’Etat Democracy Now.&lt;/strong&gt; Aucune tutelle donc et du coup, pas de copain, ni de blonde plantureuse ni de jeunes loups hyper brushés à l’antenne. Amy Goodman, une journaliste d’une soixantaine d’année tient le micro depuis le studio de TV rafistolé dans une ex caserne de pompier de Chinatown, à New York. Elle montre chaque semaine que l’information se bat, comme le vrai beurre, à la force du poignet. &lt;strong&gt;Amy Goodman était à Londres il y une dizaine de jours pour un débat peu évoqué dans les « media », entre Slavoj Zizeck, le psychanalyste philosophe slovène, et Julian Assange, l’homme de WikiLeaks.&lt;/strong&gt; Elle a animé la discussion de deux heures dédiée à l’état de l’information et du travail du journaliste aujourd’hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1800 personnes étaient rassemblées dans un théâtre Art Déco de la banlieue de Londres, entre l’élection de Miss England et un concert de Morrissey. &lt;strong&gt;De fait, la conversation, retransmise sur internet aurait pu sombrer dans le n’importe quoi &lt;/strong&gt;(même si j’adore Morrissey)&lt;strong&gt; : &lt;/strong&gt;Assange avait mis aux enchères les places de son déjeuner qui précédait le débat // Zizeck ne parvenait pas à retenir ses blagues souvent assez douteuses. Passé cela, le débat, entre le “Elvis de la théorie culturelle” selon le New York Times et le “terroriste High Tech” selon Joe Biden, était passionnant. Notamment de la part de Zizeck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D’abord d’ailleurs sur l’idée du terrorisme, Zizeck s’exclamant au sujet de Assange « D’une certaine façon, vous êtes bien un terroriste, de la même manière que Gandhi était terroriste. Il a essayé de mettre un terme à la façon dont les britanniques opéraient en Inde. Et vous, avec WikiLeaks, vous essayez de rompre avec la façon dont les informations circulent. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite sur l’idée de violence : « Quand nous pensons à la violence, au terrorisme, nous pensons toujours aux actes qui interrompent le cours normal des choses. &lt;strong&gt;Mais que penser de la violence que le système doit déployer pour que, chaque jour, les choses fonctionnent ?&lt;/strong&gt; » Et de fait, il en faut de l’énergie et des coups bas. « Le monde n’est pas doux », s’excusait presque le patron du Bilderberg il y a un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, toujours pour Zizeck, « il ne s’agit pas de savoir si vous – Assange - êtes au fond, quelqu’un de bon ou non. Mais si vous êtes un terroriste, comment définir ceux qui vous accusent d’être un terroriste ? ». C’est la vraie question qui rappelle la phrase de Bill Mc Kibben, un activiste environnemental qui a coutume de rappeler à ses équipes : «  &lt;strong&gt;nous ne sommes pas les extrémistes dans cette bataille »&lt;/strong&gt;. On peut lui faire confiance : il se cogne depuis des années le lobby de l’industrie dès qu’il parle de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, le fait qu’il y ait castagne, le fait qu’il y ait une censure dans les media est une bonne nouvelle. Cela prouve qu’il y a encore des choses susceptibles d’être entendues, que le contenu, en tant qu’industrie, n’a pas encore gagné, que nous sommes pas encore tout à fait anesthésiés.  D’ailleurs, c’est le seul espoir de Zizeck : « Il y a des personnes tout à fait ordinaires qui tout à coup, comme par miracle, se mettent à faire quelque chose de merveilleux».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordinaire ou pas, Assange a du filer à Beccles, le lieu de sa résidence surveillée avant le couvre feu de 18 heures qui lui est imposé chaque jour depuis 6 mois. Il saura aujourd’hui s’il est extradé pour être jugé en Suède pour viol. Partant de là, il risque d’être extradé aux Etats Unis, pour espionnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="Democracynow" target="_blank" href="http://Democracynow.org"&gt;Democracynow.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/7527252532</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/7527252532</guid><pubDate>Tue, 12 Jul 2011 03:55:07 -0400</pubDate><category>Zizeck</category><category>Assange</category><category>DSK</category><category>Democracy Now</category><category>Terrorisme</category></item><item><title>A TEDGlobal la semaine prochaine</title><description>&lt;p&gt;Chers tous, je serai à la conférence TED la semaine prochaine.Le programme est en ligne ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je doute de publier des billets sur mon blog. par contre, j’essaierai d’envoyer des tweets. Si vous utilisez twitter, vous pouvez suivre le fil, #tedglobal. Pour lire mes tweets : @florevasseur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon week end et bonne semaine&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/7382955895</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/7382955895</guid><pubDate>Fri, 08 Jul 2011 10:32:03 -0400</pubDate></item><item><title>Les barbares sont à la porte</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique du 5 juillet 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;

&lt;p&gt;C’était la fête nationale aux Etats-Unis hier, c’était l’independence day, et c’était probablement une fête pleine de désarroi.&lt;strong&gt; Car qu’est ce que cela veut dire le jour de l’indépendance aujourd’hui ?&lt;/strong&gt; Une très grande partie de la population, avec ses biens immobiliers qui ne valent plus rien et ses emplois qui n’existent plus, s’enfonce un peu plus dans le déclassement et la pauvreté. Les Pères fondateurs se sont battus pour se débarrasser du joug de la monarchie britannique. En 2011, il s’agit probablement de se libérer du joug de la dette. Et de fait, il y a eu une personne pour rédiger cette déclaration d’indépendance là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Minnesota, un Etat grand comme la moitié de la France, sait de quoi il en retourne. Le Gouverneur Mark Dayton vient de procéder à la fermeture de certaines administrations. Républicains et Démocrates s’écharpent sur le type d’économie à faire et il manque toujours 5 milliards de dollars. Vingt trois milles fonctionnaires ont été renvoyé chez eux, vendredi matin ; parcs nationaux et centres d’hébergement d’urgence ont été fermés et l’ancienne maison du gouverneur a été incendiée. Pourtant le Minnesota, c’est une broutille par rapport à ce qui va se jouer pendant l’été au niveau fédéral, au niveau de la faillite de fédérale. &lt;strong&gt;On va batailler pour colmater la brèche et puis après ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un peu comme en Grèce. Le plan voté par le Parlement la semaine dernière n’est pas l’amorce d’une solution à l’endettement du pays. On sait depuis hier soir qu’il est d’ailleurs incapable de tenir son engagement de réduction des dépenses … sur son premier mois. Non, le vote du plan d’austérité imposé par la Troika au peuple grec n’est pas une solution à l’endettement. &lt;strong&gt;Si les marchés ont applaudi en repartant à la hausse, c’est qu’ils ont été rassuré sur un seul point : leur propre pouvoir.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Le Monde ce week end, Amartya Sen, le prix Nobel d’économie en 1998 prévient : « il est très affligeant que l’on soit aussi peu inquiet du danger qui menace aujourd’hui le régime démocratique de l’Europe, lequel se manifeste insidieusement par la priorité donnée aux impératifs financiers. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan semble en marche. Ce week end à nouveau, une fois le vote avalisé, Jean-Claude Junker, Premier ministre du Luxembourg et président de l’Eurogroup n’a pas maché ses mots : avec les privatisations, « la souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous sommes à un point de basculement&lt;/strong&gt; : nous enfoncer, politiques d’austérité en bandouillère, vers un capitalisme encore plus débridé conduisant probablement à l’instauration d’une supra-souveraineté, imposée donc, comme en Grèce, par le dictat économique; OU… ou… quoi ? c’est la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constantin Cavafy, poète grec du 20ème siècle, avait tout vu. De fait, fonctionnaire, journaliste et courtier à la bourse il était bien placé pour connaître les arcanes du pouvoir. Son poème, « En attendant les barbares », a été traduit par Marguerite Yourcenar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Qu’attendons-nous, rassemblés sur l’agora ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;On dit que les Barbares seront là aujourd’hui. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pourquoi cette léthargie, au Sénat ? Pourquoi les sénateurs restent-ils sans légiférer? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Parce que les Barbares seront là aujourd’hui. À quoi bon faire des lois à présent ? Ce sont les Barbares qui bientôt les feront. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pourquoi notre empereur s’est-il levé si tôt ? Pourquoi se tient-il devant la plus grande porte de la ville, solennel, assis sur son trône, coiffé de sa couronne ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Parce que les Barbares seront là aujourd’hui et que notre empereur attend d’acceuillir leur chef. Il a même préparé un parchemin à lui remettre, où sont conférés nombreux titres et nombreuses dignités. (…) &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennent-ils pas à l’ordinaire prononcer leurs discours et dire leurs mots? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Parce que les Barbares seront là aujourd’hui et que l’éloquence et les idées les dérangent. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&lt;strong&gt;a Grèce est entrain de vivre une « apocalypse », au sens premier du mot, qui signifie, en grec justement, « mise à nu », « levée de voile », « révélation ».&lt;/strong&gt; La lutte des classes s’est déplacée : c’est le peuple contre le pouvoir financier. Les barbares sont à la porte. On peut raconter ce que l’on veut : o&lt;strong&gt;n ne résoudra pas un problème de civilisation à coup de politiques d’austérité.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/7256843267</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/7256843267</guid><pubDate>Tue, 05 Jul 2011 03:00:20 -0400</pubDate><category>Minnesota</category><category>Juncker</category><category>Amartya Sen</category><category>dette</category><category>démocratie</category><category>Cavafy</category></item><item><title>Quand les dollars fondent sous le soleil de Badgad</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 28 juin 201&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est cette semaine que le Parlement Grec doit voter son nouveau plan d’austérité, déclenchant alors le déblocage de la cinquième tranche du plan de sauvetage par la Troïka, soit 12 milliards de dollars. Toute cette semaine, on va nous revendre la soupe de ce vilain petit canard de l’Europe, ce nain de 2% de l’économie mondiale qui menace à lui tout seul, l’ensemble du si vertueux système financier mondial. Si les chiffres sont effrayants, ils ne viennent pourtant pas de Grèce, ni même d’Europe. La Grèce, c’est un amuse-bouche pour anorexique, par rapport à ce qui nous attend. Ou plus exactement, c’est un trompe l’œil : quand la Grèce a besoin de 120 milliards en 2014 pour éviter le défaut de paiement, les Etats Unis auront besoin, à partir d’août - et sur la base des projections du déficit fédéral actuel - de ce montant -120 milliards donc – mais CHAQUE MOIS !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine dernière, Nouriel Roubini, le Monsieur catastophe des Subprimes et Georges Soros ce dimanche jugent inévitable la sortie de certains pays de l’Euro, voire l’implosion de l’Union monétaire. « Il n’y a pas de plan B. C’est pour cela que les autorités s’accrochent au statu quo et insiste pour préserver les accords existants plutôt que de reconnaître leurs défaillances » déclare le grand manitou de la finance internationale, celui-là même qui fit fortune en spéculant contre la livre en 1992. Mais de qui précisément parle-t-il : de la Grèce, de l’Europe, ou de son pays, les USA ? Car de fait, c’est la question, la vraie : d’où vont sortir les 120 milliards mensuels dont l’Amérique a besoin quand la Chine n’achète  plus de dette américaine depuis février dernier, que la FED est en faillite et que le pays a atteint son plafond de dette. Aux Etats-Unis, l’argent n’est pas seulement roi. Il n’a plus aucune valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ce que m’inspire cette histoire ubuesque de dollars, 6.6 milliards pour être précise, évaporés sous le soleil de Bagdad entre 2003 et 2005. C’est le Los Angeles Times qui racontait ce week end l’événement. Nous sommes en 2003. George W Bush veut réussir sa guerre en Irak. Il envoie hommes, armes et beaucoup, beaucoup d’argent. C’est comme tout, pense-t-il, la paix s’achète. Bush veut remettre les ministères au travail et convaincre les élites locales que la vie post Saddam Hussein a du bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il débloque 6.6 milliards en coupure de 100, tout droit sortis des coffres de la FED de NY dans le New Jersey. Stockés par palette comme de vulgaires pot de beurre de cacahuètes, ils sont emmenés par une noria de fourgons blindés jusqu’à un aéroport militaire du Maryland ; ils sont alors chargés dans des avions, 21 avions cargo Hercule 130. Arrivés à Bagdad, ils sont répartis dans des coffres de la ville, dans d’anciens palaces de Saddam Hussein ou sur des bases militaires. Et à partir de là, pendant deux ans, c’est « open bar ». Tout va très vite, l’argent, 6,6 milliards de dollars donc, est distribué par des fonctionnaires américains à des ministères irakiens ou des prestataires occidentaux oeuvrant tous pour la fameuse ‘reconstruction’. L’argent transite dans des sacs de sports placés à l’arrière de 4X4 filant pied au plancher dans une ville en feu. Les agents américains n’ont pas le temps, disent-ils de tenir une comptabilité. A sec dès 2005, le Pentagone jure que si on lui donne du temps, il retrouvera l’argent. La commission d’enquête vient de passer 6 ans sur le dossier. Elle n’a pas retrouvé le moindre billet de 100. Pour Stuart Bowen, l’inspecteur général à la reconstruction de l’Irak, « c’est le plus grand vol de l’Histoire ». Cela reste à prouver : à l’heure où les Etats-Unis se retirent d’Afghanistan, on va pouvoir commencer à faire les comptes. Une chose est à peu près sure : le peuple irakien n’en a jamais vu la couleur. C’est d’ailleurs en son nom que le gouvernement irakien, assurément blanc comme neige, vient de réclamer son argent.&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/7007081968</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/7007081968</guid><pubDate>Tue, 28 Jun 2011 06:10:52 -0400</pubDate><category>Irak</category><category>FED</category><category>Bush</category><category>Neo-con</category><category>dollars irakiens</category><category>Soros</category></item><item><title>Dette, climat : ça sent l'affolement</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 21 juin 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la série, pour régler les problèmes du monde, j’agite ma baguette magique, voici venue la géo-ingénierie. Il s’agit, miracle de la science, de combattre le changement climatique par des solutions technologiques. C’est vrai ça, après tout, pourquoi s’enquiquiner à changer nos comportements, la voiture, la chaudière, pourquoi prendre des douches, arrêter la viande, le made in China et les bouteilles en plastique quand tout peut être résolu par la technologie. Elle est pas belle la vie ? Un coup de géo-ingénierie et ça repart !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y aura une bonne douzaine de solutions miracles qui excitent scientifiques et businessmen. Car c’est comme avec la dette, si pour une très large majorité le dérèglement climatique est une catastrophe, pour une poignée de lascards, la catastrophe c’est une opportunité d’affaire en or.&lt;/strong&gt; Pensez donc : et si on injectait des sulfates dans l’atmosphère pour la refroidir. Et si on blanchissait les nuages pour qu’ils absorbent mieux les rayons solaires ? Mieux, et si ceux-ci étaient stoppés net par un miroir géant en équilibre (à un point de Lagrange) dans l’atmosphère ? Et pour se débarrasser du CO2, si on construisait des tours géantes, sortes de cheminée montant jusqu’au ciel pour le rejeter très très loin de notre toute petite planète ? Alors magie ou pur délire ? Je vous laisse choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Car voilà autant d’idées sur lesquelles planchent une soixantaine de chercheurs et de politiques du GIEC réunis ces jours-ci à Lima. &lt;/strong&gt;Le GIEC, c’est l’organe inter-gouvernemental d’évaluation des informations scientifiques, technologiques et socio-économiques sur le climat. Une entité, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2006 avec Al Gore mais dont la crédibilité a été lourdement entachée par son manque de rigueur et des soupçons de collusion. Le GIEC avait d’ailleurs rejeté en bloc la géo-ingénierie dans son dernier rapport en 2007. Mais voilà, le temps presse et les comportements eux, individuels et collectifs ne changent pas. Pour Christina Figueras, Madame climat à l’ONU, « nous rentrons dans un territoire effrayant » : les émissions de CO2 continuent d’augmenter (+5 en 2010, selon l’Agence Internationale de l’énergie) malgré les promesses et engagements. Les politiques de réduction d’émission de gaz à effets de serre ne fonctionnent pas. &lt;strong&gt;Alors quand un accord politique ne peut se faire, contre l’inertie humaine il reste le sacro-saint progrès technique&lt;/strong&gt;. Peu importe que personne n’ait étudié les couts, effets secondaires, risques et même efficacité de ces solutions. A Lima, le GIEC va expédier cela en deux jours chrono comme il expédiera la question de la gouvernance de ces solutions et déséquilibres géopolitiques potentiels. Cela sent méchamment l’affolement. &lt;strong&gt;Ultime déni tout en haut du précipice : pour sauver le monde Bah… il doit bien y avoir un appli Iphone non ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi alors que le sort de la Grèce mettrait en péril l’économie mondiale, acculant, par effet domino, l’Euro et l’Europe à l’implosion, pourquoi vous parler de panneaux solaires géants et autres dioxide de souffre ? Parce que précisément, c’est la même chose, le même renoncement. D’un côté, on veut régler le problème de la dette grecque avec plus de dette. De l’autre, on veut régler le problème du dérèglement climatique, lié en grande partie, au formidable essor de la technique, avec plus technique. Et dans les deux cas, on va créer de nouveaux problèmes, une situation de moins en moins compréhensible ou tenable. Deus ex machina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En climat comme ailleurs, les gouvernements vont déballer l’artillerie, les artifices, les planches à billets qui illusionnent, les cures d’austérité qui achèvent. &lt;/strong&gt;Tout, au fond, sauf dire que l’on a eu tort, que l’on s’est trompé. Tout, au fond sauf revenir sur cette idéologie du no limit, après moi le déluge, après moi l’enfer. Tout au fond sauf admettre que l’on est au bout d’une logique, d’un système mortifère qui confond toujours plus et toujours mieux. Tout au fond sauf dire qu’il y a peut être une alternative mais qu’elle coûte cher. Surtout politiquement.&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/6751809818</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/6751809818</guid><pubDate>Tue, 21 Jun 2011 05:45:51 -0400</pubDate><category>geo-ingénierie</category><category>GIEC</category><category>Dette</category><category>Grèce</category><category>TINA</category><category>IAE</category><category>CO2</category><category>Lima</category></item><item><title>Refaire son monde (même s'il est petit) </title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 14 juin 2011 &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Ministre des affaires étrangères britannique, le patron de Goldman Sachs international, le vice-Ministre des affaires étrangères chinois, le patron de Publicis et une centaine d’autres ont probablement refait le monde la semaine dernière à la réunion du Bilderberg. Mais il y en a une qui n’est pas prête d’être sur le radar de ces illustres « bbs’ » (nom de code des participants au Bilderberg), tant elle est à l’antithèse de leurs valeurs. Et pourtant elle fait bouger son monde. Je veux vous parler aujourd’hui de la députée islandaise Birgitta Jonsdottir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son nom ne vous dit peut être rien et c’est normal car la jeune femme n’est visiblement pas là pour la gloire. Birgitta Jonsdottir est poète à ses heures, ex porte parole de WikiLeaks, organisation avec laquelle elle a d’ailleurs pris ses distances il y a un moment (cela ne l’empêche pas d’être au cœur de l’enquête américaine visant à juger Julian Assange pour espionnage). Agée d’une quarantaine d’année, elle est représentative de cette génération de figures politiques spontanées, issue des mouvements de protestations populaires, la révolution silencieuse islandaise dans le cas présent. Chantre de la liberté d’expression (elle est à l’initiative du projet IMMI qui vise à faire de l’Islande un paradis – au sens de lieu protégé - pour les journalistes et “sonneurs d’alerte”) et du sursaut démocratique, elle est l’une des chevilles ouvrières de l’incroyable travail que l’Islande tente de mener sur elle-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acculé à la faillite en 2008, sa population a fait assez vite le lien entre choix économiques désastreux et responsables politiques. Les banques ont été nationalisées, le gouvernement et le parlement renversés, quelques politiques traduits en justice et le peuple a été sollicité par referendum sur son avenir. Le tout aboutissant assez logiquement à la volonté d’un profond renouveau constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis avril dernier, 25 « conseillers » élus (de manière assez chaotique) sont chargés de diriger l’écriture de la nouvelle constitution du pays. Physicien, directeur de théâtre, pasteur, professeur d’économie, journaliste, avocat, étudiant, ils sont issus de la société civile. Le processus se veut collaboratif. Les projets de clause sont publiés sur le site du gouvernement chaque semaine. Les internautes peuvent directement réagir sur le forum dédié et/ou sur la page facebook du “conseil” lequel partage ses idées sur twitter, poste des interviews sur une chaine youtube ou des photos des séances de travail sur Flickr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune des réunions est retransmise en directe et ouverte au public. On bataille sur les droits et devoirs du parlement et des parlementaires, la séparation des pouvoirs, la propriété et l’utilisation des ressources naturelles et le transfert de souveraineté à des organisations internationales (le pays a la présence du FMI en travers de la gorge et l’adhésion à l’Europe en question). Les 25 doivent rendre leur copie fin juillet, laquelle sera soumise, sauf contre-ordre à referendum. Ce sera alors, véritablement un document par le peuple, pour le peuple. Il est peu étonnant que ce processus inédit de e-politique émane d’Islande, micro pays assis sur une mine d’or, isolé de tout mais encore bien connecté à ses mythes et fou d’Internet (2/3 de la population est sur Facebook).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militante et parlementaire, Birgitta est au cœur de cette réappropriation des institutions. Fille de troubadours, elle fréquente tôt les meetings et autre sit-in par sa mère, militante en faveur de la paix. Adolescente, elle rejette en bloc son éducation &lt;em&gt;flower power&lt;/em&gt;, vire punk. Rebelle émancipée des illusions libertaires, elle se dit anarchiste réaliste « la plupart des gens ne veulent pas être responsables. Ils veulent que le système les prenne en charge. Ils ont abandonné leur pouvoir de co-création de la société. C’est l’une des raisons de la catastrophe actuelle. (…) Il faut réinvestir dans la démocratie »  répète-t-elle.  Bouddhiste, s’autoproclamant « aborigène high tech », Birgitta voudrait que tout le monde s’aime et se soulève. Elle n’en est pas moins réaliste : « les gens ne descendront dans la rue que quand ils seront affamés ou victimes d’injustice eux-mêmes ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait, ici les filets de sécurité de l’Etat-Providence protègent aujourd’hui la caste politique d’une véritable rébellion, et le système d’une véritable réforme. Mais jusqu’à quand ? Il nous faudrait beaucoup de Birgitta, ce genre de fêlés qui laissent, comme le disait Audiard, passer la lumière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Suivre Birgitta Jonsdottir sur Twitter : @birgittaj &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Site du conseil sur la Constitution : &lt;a href="http://www.stjornlagathing.is/english/"&gt;http://www.stjornlagathing.is/english/&lt;/a&gt; &lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Page facebook du conseil : &lt;a href="http://www.facebook.com/Stjornlagarad"&gt;http://www.facebook.com/Stjornlagarad&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/6519236979</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/6519236979</guid><pubDate>Tue, 14 Jun 2011 08:05:07 -0400</pubDate><category>Birgitta Jonsdottir</category><category>IMMI</category><category>Islande</category><category>Constitution</category><category>e-politique</category></item><item><title>Bilderberg 2011 : parce qu'ils le valent bien </title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 7 juin 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’aimerais vous reparler cette semaine du Bilderberg, cette conférence qui réunit chaque année dans un lieu tenu secret - et à chaque fois différent - l’élite transatlantique des affaires, de la Politique et des media. Je vous en parle parce que la prochaine édition devrait avoir lieu de jeudi à samedi au Grand Hotel Kempiski de Saint Moritz en Suisse. Devrait car l’information n’est pas publique, le Bilderberg entretenant depuis son origine en 1954 le plus grand secret sur ce qui se dit, se passe ou se décide durant ces 3 jours de discussion à huis clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PDG, ministres en fonction, têtes couronnées, banquiers centraux, patrons de presse et militaires débattent dans un palace interdit au public et verrouillé par un service d’ordre impressionnant. Terrorisme, monnaie, climat, épidémie, conflits, tout y passe. Pourtant rien ne filtre. Malgré l’importance des personnalités impliquées (de Rockefeller à Angela Merckel, de Llyod Blankfein, le patron de Goldman Sachs à Tim Geithner, de Jean-Claude Trichet à Tony Blair qui y ont toutes participé, à des années souvent différentes*) malgré l’importance des personnalités donc et des sujets débattus, à ce jour, aucun des invités – même journaliste - n’a raconté son expérience ni permis d’évaluer l’influence réelle de ce groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La blogosphère fourmille de rumeurs sur le sujet : création de l’Euro, ascension au pouvoir de Bill Clinton ou de Tony Blair, le Bilderberg tirerait les ficelles d’un jeu politique qui ne serait plus que mascarade. J’utilise le conditionnel à dessin Marc car le Bilderberg n’a pas fait l’objet d’enquête digne de ce nom dans la presse traditionnelle. Mais pourquoi ce black out médiatique au juste ? S’agit-il de collusion, de censure ? Le Bilderberg est-il un non sujet ou alors avons-nous peur ? Parler du Bilderberg c’est un peu comme jouer avec des allumettes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre un peu mieux, je me suis rendue l’an dernier à Sitges près de Barcelone, là où se tenait l’édition 2010 du Bilderberg. Et je n’ai rien vu d’autre qu’un hôtel bunker, protégé des regards et des quelques manifestants par un golf, des hélicoptères et des agents déguisés en altermondialistes. Je suis repartie bredouille, frustrée de n’avoir rien vu et peut être encore plus de n’avoir trouvé qu’une poignée de personnes devant les barricades de la police espagnole. Un peu bêtement, la faiblesse de l’opposition m’avait alors presque convaincue qu’effectivement, il n’y avait peut être rien à voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques jours j’ai rencontré dans son bureau, à Bruxelles, le Président du Bilderberg. La facilité à décrocher l’interview m’a paru suspecte et de fait, Etienne Davignon, vieux briscard de la politique et des affaires belges, ne m’a rien dit. Pour mémoire, Etienne Davignon, pardon le Vicomte Etienne Davignon a été très impliqué dans la construction de l’Union Européenne mais aussi la politique économique et les affaires étrangères de son pays, la Belgique. Passé à l’entreprise (il a été fondateur de Brussels Airlines, Président de la société générale de Belgique, puis de Suez Tractebel), c’est un as de l’influence, notamment au sein de la Table ronde des industriels européens, l’un des lobbies les plus influents sur l’Europe. Et d’ailleurs, j’ai eu en face de moi un homme gonflé de sa puissance. Une heure durant, il m’a servi la soupe d’une organisation boyscout, oeuvrant pour, je cite « la paix, la justice dans le monde, la meilleure entente entre les peuples ». J’ai ressenti toute cette culture du « too big to fail », du « trop gros pour sombrer », à l’œuvre chez une bonne partie de ce qu’il est encore convenu mais franchement, je ne sais plus pourquoi, l’élite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’étais rentrée de Sitges déçue de n’avoir rien vu. Je suis rentrée de Bruxelles furieuse de n’avoir rien entendu. L’édition 2011 du Bilderberg démarre donc ce jeudi. Au programme sans aucun doute, la Grèce, de l’Euro, de la Libye à « sauver », le cours des matières premières et de l’Internet à contrôler, et le FMI. D’après Etienne Davignon lui-même, Christine Lagarde, en campagne pour sa nomination, ferait un saut à Saint Moritz. Pour prendre le thé probablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*:  Les thèmes et les participants de l’édition 2011 seront annoncés via le site officiel du Bilderberg  (sur lequel figurent également les thèmes et participants des 3 éditions précédentes) : bilderbergmeetings.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise à jour 1 : &lt;a title="Interview de E. Davignon" href="http://www.dailymotion.com/video/xj6btu_interview-de-e-davignon-president-du-bilderberg_news"&gt;extrait de mon interview avec E. Davignon&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise à jour 2 (10/06) : &lt;a title="Source Bilderberg meetings" href="http://bilderbergmeetings.org/participants_2011.html"&gt;liste des participants 2011&lt;/a&gt; (source : site officiel du Bilderberg)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mise à jour 3 (10/06) : &lt;a title="Source Bilderberg" href="http://bilderbergmeetings.org/meeting_2011"&gt;thématiques 2011&lt;/a&gt; (source : site officiel du Bilderberg)&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/6283810776</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/6283810776</guid><pubDate>Tue, 07 Jun 2011 09:36:00 -0400</pubDate><category>Bilderberg 2011</category><category>Etienne Davignon</category><category>Grand hotel Kempiski</category><category>Saint Moritz</category></item><item><title>Les pépins de la colère</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 31 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si vous avez vu ces images de pastèques qui se mettent à exploser. Tout à coup, des morceaux d’écorce ou de chair volent tandis que le reste du fruit agonise, se dévidant de son sucre et de ses pépins bizarrement blancs. Cela se passe en Chine suite à l’utilisation, par des agriculteurs sous pression de rendement, d’un accélérateur de croissance, le forchlorfenuron, une substance chimique parfaitement légale. Il y a dans ces images de pastèques bombesques quelque chose d’éminemment, comment dire… émouvant et familier. Je m’explique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, les citoyens européens grossissent les rangs de ce mouvement des « indignés », en Espagne, Italie, France et en Grèce. Depuis mercredi dernier, à Athènes, des manifestants occupent la place de Syntagma, en face du Parlement. Dimanche, il y aurait eu jusqu’à 100 000 personnes. Elles avaient manifesté il y a un an contre la cure d’austérité imposée par la Banque Centrale Européenne, l’Europe et le FMI en l’échange du premier prêt de 110 milliards d’euros. Cela n’a pas suffit. A 26% le taux d’intérêt à deux ans, la Grèce ne peut se financer sur les marchés. Le pays a deux options : le renflouement par ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la Troika (UE, FMI, BCE), ou le défaut de paiement, la faillite. Celle-ci aurait des répercussions démentielles au sens d’imprévisibles. Quand une personne ou une entreprise fait faillite, il y a des lois, une procédure ; mais dans le cas grec, le cas d’un pays, on est dans le no man’s land.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dite Troika pose donc ses conditions pour un nouveau prêt : privatisation express - et donc à la casse - des entreprises publiques lesquelles elles, seraient plutôt en bonne santé. On dit que les vautours tournent dans le ciel de l’Acropole : Deutsche Telecom lorgnerait sur OTE, le France Telecom local, le PMU convoiterait son alter ego grec. Même les iles et les plages seraient à vendre. Pour le Financial Times, il s’agit d’une annexion économique d’un pays. Mais cette manœuvre inédite en démocratie ne fait que reporter le problème. Car au fond, aujourd’hui, demain, après demain qui va payer ? Personne ne sait. Peter Sloterdijk dans le Monde ce week end ne le disait pas autrement : « le créditisme » (notre civilisation basée sur le crédit comme capacité d’amener à un avenir tenable), le créditisme - que personnellement je rapprocherais assez volontiers du crétinisme - est entré dans une crise finale : la promesse du remboursement sur laquelle repose le sérieux de notre construction du monde ne peut être tenue ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Place Syntagma des manifestants campent signifiant que leur pays n’est pas à vendre. Rappelons d’ailleurs que la décision de se mettre ou pas en faillite appartient aux grecs, pas à la Troika. Pour l’heure, les politiques décrédibilisent les revendications populaires à coup de commentaires parternalo-complaisants, du type de celui du Premier Ministre grec Theodoros Pangalos à savoir : « c’est un mouvement sans idéologie ni organisation qui se base sur un seul sentiment : la rage ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et alors ? Réduire le mouvement d’indignation à une poussée fièvre adolescente, évacuer les rassemblements à la Bastille ou à Barcelone ne règleront pas le problème. La bonne colère dit Aristote, c’est le sentiment qui accompagne le désir de justice. Cela commence probablement par l’idée de se réapproprier son destin. A ce sujet, grecs comme espagnols ne manquent pas de propositions comme, outre le départ du FMI, la levée de l’immunité parlementaire et la création d’une commission d’enquête sur la dette souveraine. On comprend que cela n’est pas confortable pour tout le monde. Car qu’est-ce qui pose vraiment problème ? L’emprise de la finance ou l’incapacité des politiques à faire primer l’intérêt général ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous méprenons pas : nos pays sont des grosses pastèques shootées à l’accélérateur de croissance, à savoir, la dette poudre aux yeux et à la consommation sèche-pleurs. Et dans l’affaire, c’est nous les pépins. Blancs de rage. Et peut-être pas si crétins.&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/6036822104</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/6036822104</guid><pubDate>Tue, 31 May 2011 09:42:55 -0400</pubDate><category>accélérateur de croissance</category><category>Grèce</category><category>Troika</category><category>FMI</category><category>Peter Sloterdijk</category><category>european revolution</category><category>Plan de stabilisation</category><category>faillite</category><category>Défaut</category><category>Dette</category><category>Restructuration</category></item><item><title>Julian Assange sur les révolutions, la technologie et le pouvoir</title><description>&lt;p&gt;Avant d’être l’homme de WikiLeaks, Julian Assange est un hacker. Il a raconté son expérience, au sein de la communauté australienne du hacking à la fin des années quatre vingt, dans un livre, Underground, paru en 1997. Mon éditeur, les éditions des Equateurs, a publié la version inédite en Français de ce livre (j’en signe la préface) en mars dernier. Nous sommes allés remettre son livre à Julian et j’en ai profité pour l’interviewer dans un bed and breakfast de Beccles, où il est en résidence surveillée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_llqx4b3JGd1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’éditeur allemand de Underground était également présent, accompagnée d’une équipe de la ZDF qui en a tiré le reportage suivant (si vous parlez allemand) : &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=LfYX8AHpjJk"&gt;http://www.youtube.com/watch?v=LfYX8AHpjJk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de mon interview de Julian est parue dans Libération en Avril (en accès payant sur leur site). Julian revient notamment sur le rôle des nouvelles technologies dans les révolutions arabes (et d’une manière générale, dans les soulèvements populaires). Alors que cette question - pour moi majeure - semble évitée par le e-G8, voici donc l’intégralité de notre entretien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;En 1994, vous décidez de consacrer trois années de votre vie à l’écriture de ce livre Underground qui raconte l’épopée des premiers pirates de l’informatique. Pourquoi ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’était un univers unique dans lequel j’avais été impliqué et je voulais le montrer au monde entier. J’étais fier de cet environnement, fier de ce que nous avions accompli en tant que communauté de jeunes partout dans le monde. Nous étions en avance sur quelque chose de crucial, avant que l’Internet lui même ne soit accessible à qui que ce soit à part l’armée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Quelle histoire avez-vous voulu raconter ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai voulu raconter la façon dont ce réseau international de hackers opérait ainsi que les ressorts psychologiques et les effets sur les personnes impliquées, en Australie mais aussi aux USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_llum946cPu1qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Qui étiez vous à l’époque ? Comment viviez vous ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j’ai écrit ce livre, c’était une époque particulière de ma vie. J’étais très jeune, 21, 22 ans, j’avais créé l’un des premiers fournisseurs d’accès en Australie, le seul en tous les cas où il y avait une liberté de parole totale. Je m’occupais donc de cette société, j’avais des projets en tant qu’activiste et aussi un procès lié à un magazine sur le hacking… bref, c’était une période très intense mais j’étais extrêmement fier de cet environnement incroyable dans lequel j’avais été et je voulais en parler. D’une certaine manière c’était probablement beaucoup trop tôt. Quand le livre est sorti, personne n’avait vraiment entendu parler de l’Internet. Il était un peu trop en avance sur son temps. C’est pour cela que c’est bien de voir ce livre qui raconte les débuts de la première communauté international de l’Underground ressortir maintenant. Au moment même ou l’Underground est en pleine révolution. Avec la politisation des jeunes sur Internet, les hackers eux-mêmes deviennent politiques. Ils ne font plus les choses juste pour l’exploit ou à des fins criminelles. Tout cela est en train de changer et du coup, c’est le bon moment pour se plonger dans les origines du mouvement et de se demander d’où cela vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src="http://media.tumblr.com/tumblr_llqz787tT41qbwy37.jpg"/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Effectivement, dans votre livre, les hackers se vivent comme des explorateurs. Aujourd’hui, ils se vivent comme des révolutionnaires. Que s’est-il passé en 15 ans ? Qu’est-ce qui a changé ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’Internet est entré dans nos vies, il s’est immiscé dans tous les aspects de la société et lui a apporté ses valeurs. Je me souviens bien de ce moment. C’était autour de 1996, quand les premiers sites internet grand public sont apparus. Vous pouviez voir que l’Internet n’avait qu’une envie, c’était de pénétrer la société. Nous avions nos propres valeurs qui étaient donc un mix des valeurs de ceux qui étaient sur Internet à l’époque : les scientifiques, les étudiants et les hackers. On se demandait comment notre culture allait évoluer en pénétrant la société. La culture de société allait-elle engloutir la notre, ou la culture de l’Internet allait elle modifier la culture de société ? En fait les deux phénomènes se sont passés. Mais maintenant, culture de société et culture de l’Internet ont vraiment fusionné. Les jeunes découvrent le fonctionnement du monde grâce à leurs échanges sur Internet. Ils sont sortis du système de la presse traditionnelle. Ce système est très proche du pouvoir, parce qu’il est lui même puissant et décentralisé. Cette proximité au pouvoir conduit directement à une sélection naturelle des journalistes. Ceux qui survivent dans la presse traditionnelle sont ceux qui pratiquent l’auto-censure. Du coup, les jeunes s’en écartent… Les jeunes grandissent, s’éduquent aujourd’hui d’une manière différente et ce phénomène a maintenant atteint une taille critique. A travers nos publications et notre propre exemple, celui de WikiLeaks, nous avons montré une nouvelle façon de faire. Nous sommes une sorte d’avant garde de ce mouvement. Maintenant qu’il y a toutes ces batailles autour de nous, ces jeunes se rendent compte qu’il y a ici quelque chose ici (la liberté de l’Information, de la parole sur Internet) à chérir. Ils nous protègent non parce que nous leur demandons mais parce que ils se disent que c’est la bonne chose à faire. Et ils protègent et soutiennent des initiatives similaires avec des valeurs similaires. La défense de ces valeurs est devenue quelque chose de très courant pour ces nouvelles générations et cela nous rend très optimistes. C’est quelque chose qui d’après des activistes que j’admire comme Daniel Ellsberg, ne s’est pas passé depuis 68. Nous vivons une nouvelle version de 68. Ce mouvement est endémique, il vient  du peuple  et le mécanisme qui le promeut vient juste d’apparaître.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Que pensez vous du rôle de collectifs comme Anonymous aujourd’hui ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anonymous est vraiment un phénomène intéressant précisément parce que n’importe qui peut s’impliquer, n’importe qui peut dire qu’il est Anonymous, n’importe qui peut participer à des fuites. C’est une organisation très fluide, sans leadership et qui montre qu’il y a une professionnalisation très forte chez les hackers. Même les meilleurs d’entre eux, passent par Anonymous de temps en temps pour faire des choses. Ils sont mieux couverts et peuvent ensuite reprendre leur vie là où ils l’ont laissée. C’est plutôt bien vu et bien fait. On n’a jamais vu un phénomène pareil je crois, à part peut être des religions qui ne seraient basées que sur des livres, sans structure physique, ni église, ni chef, ni organisation véritable. Ici on a une idée et une marque pour faire des choses mais cette idée et cette marque n’appartiennent à personne. Anonymous fait partie de ces mouvements spontanés qui apparaissent aujourd’hui. Ce qui les rend possible et les soutient c’est la facilité d’appropriation de ces pratiques, la vitesse de leur diffusion ainsi que les émotions que les personnes qui y participent ressentent, les amitiés qui se développent. Les valeurs inhérentes sont positives. C’est l’anti-sectarisme. Il y a une vraie fluidité, on entre et sort comme on veut, il n’y a pas de hiérarchie, de personnalisation de qui que ce soit, de pouvoir apparent. Bien sur pour garder toute la force du mouvement et les valeurs bien alignées, il va falloir qu’il y aient des personnalités publiques qui promeuvent ces valeurs. Notre organisation est un exemple de cela : à un certain moment, il a fallu défendre nos valeurs et accepter les conséquences de la personnalisation que cela impliquait tout en prouvant sa force en ne courbant jamais l’échine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Comment WikiLeaks, les réseaux sociaux et les hactivistes ont-ils selon vous contribué aux récentes révolutions et mouvements de démocratisation au Moyen Orient? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est un sujet extrêmement intéressant et complexe. Disons que le Moyen-Orient était comme du bois prêt à flamber. Il y avait cette particularité démographique, celle d’une jeunesse prépondérante, la pénétration d’Internet, des mouvements migratoires entre ces Etats, la TV satellite et le choix éditorial d’Al Jazeera de couvrir et d’enquêter sur ces révoltes. On voit aujourd’hui que ce travail d’Al Jazeera est compromis en Arabie Saoudite et à Bahrein à cause des implications géopolitiques pour le Qatar mais pour la Tunisie et l’Egypte, son travail était excellent. Mais tout cela n’est pas parti tout seul. Tout cela, à nouveau, c’était du bois prêt à flamber. Ce qui a semblé tout déclencher c’est la publication par WikiLeaks de câbles diplomatiques sur ces pays, beaucoup de câbles. Ils ont été repris par des journaux locaux, en arabe, comme El-Akbar au Liban, ou par des clones de WikiLeaks, comme tunisialeaks, en Tunisie qui essaie de relayer notre travail dans la région. Tunisialeaks a traduit nos câbles en français. Du coup, les versions arabe et française de ces câbles se sont diffusées très rapidement en Tunisie dès le début du mois de décembre. Et ceux-ci ne faisaient pas que décrire les problèmes et la corruption du régime Ben Ali mais mettaient aussi en évidence la situation du régime dans toute sa fragilité : les câbles révélaient clairement que s’il y avait un conflit politique entre le régime Ben Ali et l’armée, les Etats-Unis ne soutiendraient pas nécessairement le régime de Ben Ali mais plutôt l’armée. Cela a envoyé un signal fort aux activistes en Tunisie, mais aussi à l’armée, aux partisans de Ben Ali et aussi aux régions avoisinantes. Cela a donné confiance aux activistes. De la même manière, le soutien des occidentaux au régime de Ben Ali a été affaibli par la mise en évidence de cette vision américaine de la corruption du régime. Il est devenu très difficile pour la France de soutenir Ben Ali dès lors que vous aviez l’ambassadeur américain qui affirmait ce qu’était la situation réellement. La même chose s’est passée pour l’Egypte. Un journal national égyptien s’est mis à publier les câbles diplomatiques. A cause de la situation au Sinai, Israël et les Etats Unis voulaient préserver leurs positions. Quand le régime a commencé à tanguer et que Moubarak a été attaqué de toutes parts, Omar Souliman, l’ancien chez des services secrets égyptiens, a été mis en avant par les US et Israël. Et nous, nous avons commencé à sortir les câbles sur Omar Souliman, qui est en fait un type assez terrifiant. Du coup, il est devenu impossible pour les USA de soutenir publiquement Souliman et Moubarak quand leurs propres câbles décrivaient combien ils étaient dangereux et terribles. Par effet ricochet, ce genre de soutien est devenu impossible pour tous les gouvernements occidentaux. Toute cette région est dans une dynamique particulière où les dictateurs se soutiennent les uns les autres. Ce genre de publications et les révoltes internes les ont forcés à se replier sur eux-mêmes et à se concentrer sur leurs problèmes internes au lieu de faire ce qu’ils font d’habitude : s’appuyer les uns sur les autres, entre dictateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Jusqu’où cela peut-il aller ? Pensez vous que cette dynamique révolutionnaire peut toucher le monde occidental, l’Europe, les Etats Unis ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est vraiment un grand espoir pour moi. Au Moyen Orient on a vu des dictateurs tomber et des concessions énormes faites aux populations de la part de dictateurs ou Rois qui s’accrochent à leur règne. Pour rester au pouvoir, ils savent qu’ils vont devoir faire concession sur concession. Au final, c’est ce dont nous avons besoin. Ce qui compte ce n’est pas qui représente l’Etat, mais le niveau de pouvoir que le peuple a, à travers ces concessions. Ce qui s’est passé au Moyen-Orient est très inspirant pour les jeunes en Occident et cela pourrait bien se traduire par un renforcement des mouvements politiques de la jeunesse en ici.  Jusqu’où cela va aller ? Je n’en suis pas tout à fait sûr mais en Occident, à cause de la complexité et la sophistication de sa structure politique, c’est plus facile pour les gouvernements de faire des concessions. Je pense que ces régimes ne vont pas être renversés mais seront plutôt obligés à beaucoup de concessions très rapidement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Comment définiriez vous le pouvoir aujourd’hui et où se trouve-t-il ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les informations révélées par Wikileaks ont montré quelque chose d’important. Pas seulement les informations en elles-mêmes d’ailleurs. Nos informations sont toujours liées au passé, même si cela peut être un passé récent. Mais les réponses apportées à nos informations sont toujours liées à quelque chose qui se passe maintenant. Et les réponses à nos informations, malgré les envolées lyriques des politiciens américains sur le premier amendement de la constitution, l’importance de la démocratie, de la liberté de la presse ont été de tenter de nous supprimer, par quelque moyen que ce soit. Par exemple, ils ont demandé à Visa, PayPal, Mastercard de nous contraindre à un embargo économique empêchant les gens de nous envoyer des dons pour nous permettre de rester à flot, de continuer à publier nos informations. Et tout ça, hors de toute procédure judiciaire ou même administrative, juste en forçant Visa Londres, normalement une société britannique, à accéder à leur requête. Le pouvoir de Washington aujourd’hui s’exerce à travers des multinationales, le système et des accords financiers et les agences de surveillance qui sont partout en Occident. Il y a un « empire occidental », pas que Washington, mais aussi Paris, Londres et lorsque quelqu’un parle trop fort, cet empire occidental réagit exactement de la même manière que l’Union Soviétique à l’époque. C’est juste un peu plus sophistiqué. C’est quelque chose que nous pouvons observer parce que tout à coup, il y a eu un peu de lumière dans cette pièce toute noire qui a laissé entrevoir la structure de ce pouvoir. C’est le résultat de la réponse qui a été donné à notre action, pas le résultat de nos publications en tant que telles. Cela devrait nous donner de l’espoir. Il y a des tentatives pour nous censurer et pour censurer les gens qui font la même chose à cause d’une seule chose : la peur. La peur de devoir être réformé. L’un des arguments en faveur de la liberté d’expression en Occident est de dire que cela est constitutionnel, que c’est un droit humain, que la presse est forte ; l’autre est de dire que la liberté d’expression existe parce qu’elle est vécue, utilisée. Les structures de pouvoir de base en Occident ont été largement fiscalisées. Tout cela est très contractuel. L’équilibre politique, les tendances politiques n’ont plus tant d’importance face à tout cela. Ce que dit la presse n’a plus d’importance, la façon dont les gens votent non plus… cela ne changera pas la façon dont le pouvoir opère. Nous avons été capable de prendre la parole de façon si forte toute cette année que cela a commencé à faire bouger cette structure de base. Le fait due les gouvernements soient sortis du bois pour nous faire taire a non seulement révélé la structure du pouvoir aujourd’hui mais aussi l’espoir que si l’on expose la façon dont ce pouvoir fonctionne les choses vont commencer à bouger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;A votre sortie de prison, votre mère vous aurait demandé si tout cela valait le coup ? Que lui avez vous répondue ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai effectivement pensé à cela quand j’étais en prison, le fait que l’on puisse m’arrêter, même me tuer. Cela m’a plutôt confirmé dans mon choix, m’a rendu plus déterminé. Et finalement vous gérez la situation en vous attachant à faire votre travail. Il y a des milliers de choses à faire, vous n’avez pas le temps de vous attardez trop sur la situation, juste vous demander si la stratégie est la meilleure possible. Oui c’est un travail dangereux, oui la situation dans laquelle je suis est difficile, oui la situation dans laquelle sont tous nos collaborateurs est difficile, il y a la situation de nos sources potentielles, comme celle de Bradley Manning, qui est vraiment terrible. Tout cela est très difficile. Mais d’un autre côté, regardez ce que nous sommes entrain de faire ! Tout cela est très satisfaisant. On a qu’une vie, nous vivons en accord avec nos valeurs et cela semble nous permettre de réaliser des choses. Toute cette satisfaction vaut bien tous ces problèmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Vous avez déclaré que vous étiez heureux d’aller en prison car au moins vous auriez le temps de lire un livre. Alors Julian Assange, qu’avez-vous lu durant votre séjour en prison ? &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai lu le Pavillon des Cancéreux par Soljenitsyne. Visiblement vous êtes assez passionné par ce genre littéraire (ndla : le confinement, la maladie) pourtant il y a d’autres sujets en littérature… Oui, mais il n’y a pas tant de livres que cela en prison ! J’étais en fait assez surpris de trouver celui-là. J’ai toujours aimé ce genre littéraire, ces luttes… Et j’ai une grande admiration pour Soljenitsyne. Il est né pendant la première guerre mondiale, a combattu lors de la deuxième, a été emprisonné par Staline, a souffert du cancer pendant son exil en Sibérie. Il a réussi à être publié, a vécu sous la surveillance du KGB, a reçu le Prix Nobel de la Paix, a trouvé refuge aux Etats-Unis, où il n’était pas heureux. Du coup, il est revenu en Union Soviétique. Il a vécu une vie de luttes qui n’ont fait que tester la force de son caractère et son engagement et c’est un exemple pour chacun de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis à Beccles le 27 mars 2011&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/5830071264</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/5830071264</guid><pubDate>Wed, 25 May 2011 06:52:00 -0400</pubDate><category>Underground</category><category>Julian Assange</category><category>Suelette Dreyfus</category><category>editions des equateurs</category><category>Anonymous</category><category>Hacking</category><category>Revolutions arabes</category><category>EG8</category><category>hactivistes</category><category>Hactivisme</category></item><item><title>La question de la démocratie, en démocratie</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 23 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine dernière, à quelques exceptions près, c’est comme si pour les media, à part l’affaire DSK, tout s’était arrêté. Pourtant des morts en Syrie à l’explosion du plafond de la dette par les américains, il y avait matière à &lt;em&gt;news&lt;/em&gt;, comme on dit dans les rédactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce décrochage entre ce qui est à lire et ce qui est à vivre, entre une classe médiatico-politique pris la main dans le sac de ses petits arrangements et le reste du monde, ce décrochage donc me semble au cœur de ce mouvement de contestation dans le sud de l’Europe, cette &lt;em&gt;spanish revolution &lt;/em&gt;comme on dit, sur les réseaux cette fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 15 mai en effet, des milliers de manifestants campent Puerta de Sol à Madrid. Ils sont jeunes, mais pas que, diplômés, pour la plupart, déterminés et non violents. &lt;strong&gt;Leur constat est simple : coincés entre des politiques corrompus et un projet de société dicté par les marchés financiers, l’Espagne disent-ils n’est plus une démocratie&lt;/strong&gt; : « &lt;em&gt;le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental devient un obstacle au progrès de l’humanité&lt;/em&gt; ». A constat simple – ce qui ne veut pas dire simpliste - revendication sans appel : ils veulent un changement de régime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 500 organisations citoyennes qui nourrissent ce mouvement dit du 15 Mai, il y a Nolesvotes, « ne vote pas pour eux », un mouvement contre les partis majoritaires car tous corrompus. Il y a Juventud sin Futuro, - le mouvement des jeunes sans avenir. &lt;strong&gt;Il y a Democracia Real Ya, principale plateforme politique qui avance quarante propositions pour une démocratie réelle comme le contrôle de l’absentéisme parlementaire, la réduction des dépenses militaires et l’abolition de la loi Sinde, sorte de loi hadopi à la sauce espagnole.&lt;/strong&gt; Avec son G8 de l’Internet, Nicolas Sarkozy ferait bien de se méfier. C’est en touchant à la liberté sur Internet que les politiques espagnols ont cristallisé le mécontentement des jeunes. Et ont fini par les faire descendre dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, comme pour le printemps arabe, le mouvement du 15 Mai part de la jeunesse, une jeunesse éduquée et pourtant parfaitement sur une voie de garage (45% de chômage chez les 18-25 ans en Espagne). Une fois installée dans la rue, cette jeunesse, comme pour le printemps arabe, fédère d’autres classes d’âge et statuts sociaux : salariés précarisés, fonctionnaires, entrepreneurs, retraités gonflent les rangs de cette foule bigarrée et remontée. Il s’agit aussi, comme pour le printemps arabe, d’un mouvement né sur les réseaux sociaux et coordonné par SMS ou sur twitter. Comme le printemps arabe, ces manifestants n’attendent rien des media traditionnels, jugés trop proches du pouvoir. Selon le site Owni qui couvre l’événement depuis plusieurs jours,&lt;strong&gt; le mouvement a comme modèle l’Islande et sa révolution silencieuse&lt;/strong&gt;. L’Islande dont le parlement corrompu a été forcé à la démission par son peuple. L’Islande qui s’est lancée dans une réforme constitutionnelle exigeante. L’Islande toujours et son référendum contre l’emprise des marchés financiers. L’Islande enfin et sa démarche ambitieuse pour la liberté de la presse. « Quand je serai grand je serai Islandais » dit d’ailleurs un militant du collectif espagnol « jeunesse sans avenir ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l’heure, le gouvernement Zapatero a interdit la manifestation mais n’a pas lancé les forces de l’ordre. Maintenant que les élections sont passées et qu’il a perdu nombre de municipalités, il pourrait en être autrement. A moins qu’il ne compte sur une certaine démobilisation. C’est tout l’inverse qui semble arriver. Ragaillardis par l’afflux de manifestants et la contagion à l’oeuvre dans le pays, en Italie, en France (on parle aussi de rassemblements spontanés place rouge a Moscou, à Washington ou a Toulouse), les espagnols ont décidé de prolonger la manifestation pour une durée indéterminée. Sur le site Rue89, un participant du sit in de la Bastille prévient : « on va chercher à nous discréditer par tous les moyens mais nous sommes prêts ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, les gouvernements auraient tort de mépriser la jeunesse. Elle est douée et prend conscience de sa force, aujourd’hui décuplée par les outils. Mieux (ou pire, selon là ou vous vous placez), elle sait maintenant qu’elle n’a plus rien à perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Democracia Real Ya : &lt;a title="site democracia real" href="http://democraciarealya.es/"&gt;le site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/5798628867</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/5798628867</guid><pubDate>Tue, 24 May 2011 08:00:05 -0400</pubDate><category>Mouvement du 15 Mai</category><category>Zapatero</category><category>Puerta des sol</category><category>Democracia Ya</category><category>Juventud sin futuro</category><category>Nolesvotes</category><category>spanish revolution</category></item><item><title>Contre le sordide, l'esprit de résistance</title><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ma chronique sur France Culture du 17 mai 2011&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces dernières semaines, entre le corps jamais montré de Ben Laden et DSK, la mine patibulaire, le regard furieux et les mains menottées, l’information est officiellement devenue un divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficile de ne pas parler de cet autre festival de Kahn &lt;/strong&gt;qui tient la planète et la finance en alerte. Difficile de résister à cette information quand l’intrigue semble tout droit sortie d’une série B ou d’un mauvais film porno, quand le protagoniste principal choisi d’être défendu par l’avocat de Michael Jackson et quand la victime supposée est emblématique de Amérique qui se lève super tôt.  Dans cette saga « DSK contre la femme de chambre », pendant symbolique à la saga « la finance contre les invisibles », devant la chute de notre ex futur président, difficile de ne pas penser à la réaction d’effroi de nos élites politiques : un homme vient de mordre la poussière. Et maintenant, à qui le tour ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voyant tout ce cirque chroniqué à la seconde sur twitter, difficile de ne pas penser à cette phrase de David Lynch : « le monde est cruel à l’intérieur et cinglé en surface »&lt;/strong&gt;… à moins que cela ne soit l’inverse. Mais pourquoi au juste ? Comment en sommes-nous arrivés là, c’est à dire si bas, si loin dans le sordide, eux dans l’écran, nous obnubilés par l’écran ? Et comment on en sort ?  Il faudrait peut être commencer par regarder ailleurs…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait par exemple ce week end un autre évènement qui lui, faute de cameras, est passé à la trappe.  En lieu et place d’une suite de grand hôtel, il y avait un plateau de conifères, des crocus et des cailloux. En lieu et place des sirènes de Midtown, il y avait la pluie qui glace, la mémoire lourde et un podium face à la montagne. &lt;strong&gt;En lieu et place de New York, New York, il y avait … Thorens-Glières, Haute Savoie.&lt;/strong&gt; En lieu et place des tout puissants qui ne maitrisent plus grand chose, il y avait les derniers résistants - réunis autour de Stéphane Hessel, star du jour, mais pas que – ces résistants qui ont tenté de faire tout basculer, en 1944. Comme sur ce plateau des Glières.&lt;strong&gt; En lieu et place de l’argent qui rend fou, il y avait une certaine rage : l’esprit de résistance partagé par plusieurs milliers de personnes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est bien cet esprit de résistance que l’association « Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui » veut défendre en organisant depuis 4 ans, ce rassemblement annuel. Contre Nicolas Sarkozy d’abord, qui a tenté en 2007 de récupérer cette mémoire de la Résistance à des fins électoralistes. Dans l’entre deux tours en 2007, il était venu sur le plateau des Glières dérouler quelques pas très télégéniques ; depuis il fait son pèlerinage annuel, jamais à la même date mais toujours accompagné d’une camera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Esprit de résistance ensuite contre la « dégradation délétère des institutions mises en place à la Libération ».&lt;/strong&gt; Ce week end, les « Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui » ont d’ailleurs lancé « l’appel aux jeunes générations pour définir un nouveau programme de résistance ». Dans la pollution sonore qui a entouré ce week end, il y a peu de chance qu’il ait été entendu. Dans quelques mois un éditeur en fera peut être un best seller à 3 euros – le « Indignez vous » de Stéphane Hessel est issu d’un discours prononcé aux Glières en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L’appel plaide pour la sortie de notre régime présidentiel personnalisé. Il demande aussi « la garantie de la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre pouvoirs, en assurant la séparation des medias et des puissances de l’argent, comme en 1944 ». Il milite pour une « véritable démocratie sociale et économique, impliquant », nous y sommes, « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ».&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Résister, c’est créer et créer c’est résister » conclut l’appel mais voilà, d’après Didier Magnin, Président de l’association : « &lt;strong&gt;résister ne suffira pas à construire un avenir meilleur. Il faut aussi parler du bonheur et le revendiquer pour tous &lt;/strong&gt;».    Et ça, le bonheur comme ciment sincère du vivre ensemble, quand vous y pensez vraiment, ce n’est pas du divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de l’association : &lt;a title="site de l'association" href="http://citoyens-resistants.fr/"&gt;citoyens-resistants.fr &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’appel du 14 mai 2011 : &lt;a title="texte de l'appel du 11 mai 2011" href="http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article182"&gt;le texte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description><link>http://blog.florevasseur.com/post/5570943342</link><guid>http://blog.florevasseur.com/post/5570943342</guid><pubDate>Tue, 17 May 2011 03:31:00 -0400</pubDate><category>DSK</category><category>Invisibles</category><category>David Lynch</category><category>esprit de résistance</category><category>Thorens Glières</category><category>Appel du 11 mai 2011</category><category>Citoyens resistants d'hier et d'aujourd'hui</category></item></channel></rss>

